Christophe Girard est auteur de bande dessinée (Contre histoire de l’art, Matisse Manga, Metropolis, Ismahane, Le linceul du vieux monde). Pour Cases d’Histoire, il propose de visiter graphiquement et à sa façon la thématique du webzine. Pour ce premier numéro, il donne sa vision de la représentation de la femme dans la BD historique.

« Pour témoigner de la tragédie du ghetto de Varsovie, Irena Sendlerowa m’est apparue comme singulière et pour cela très intéressante. Comme assistante sociale polonaise et non-juive, Irena  a subi la torture et échappé à la mort que pour accomplir son métier devenue mission pour apporter espoir, réconfort et finalement sauver 2500 enfants.   Elle illustre à merveille l’héroïsme qui m’est le plus cher : un devoir désintéressé, sans état d’âme, sans attente de récompense. Un héroïsme dont se défend Irena, navrée « d’avoir si peu fait ». C’est ainsi que j’ai dessiné mes deux planches. Elles ont en points communs, la même histoire, le même découpage et le même texte.

La première est comme un documentaire. Distancié, sans recherche du spectaculaire. J’ai dessiné avec l’aide de documents de l’époque et les portraits d’Irena pour être plus juste. C’est un témoignage au potentiel pédagogique certain.  Je n’omets pourtant pas de faire appel à l’émotion pour que cette histoire ait l’impact et la portée que je désire lui donner. C’est un délicat équilibre dans les cases entre véracité et mise en scène.
Pour la deuxième planche, j’ai traité cet héroïsme auquel nous sommes plus habitués. Celui du surhomme,  de l’être exceptionnel qui n’est pas donné à tout le monde. Un héros prototype qu’on donne comme modèle mais bien pratique pour excuser la lâcheté de la masse. Par dérision, j’ai pastiché et mélangé l’excellente école Marvel et les mangas shônen.  De l’action, du spectaculaire, de l’émotion, tout exagéré. Cela en devient ridicule mais l’histoire passe toujours aussi bien, non ? »

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