Par un curieux hasard, la Shoah entre dans les programmes scolaires dans les années 1980 au moment même où elle trouve sa place au sein de l’édition de bandes dessinées, avec le cultissime Maus, d’Art Spiegelman. Longtemps jugés indécents, les liens entre bande dessinée et Shoah se développent depuis lors. Plusieurs titres récents sur le sujet – témoignages, reportages ou œuvres de fiction – peuvent être des supports innovants pour des cours d’histoire, du CM2 à la classe de terminale.

C’est en 1981 que le génocide des Juifs d’Europe entre dans les programmes scolaires pour ne plus en sortir. La Shoah est intégrée au CM2 à la « culture humaniste ». Elle est par la suite étudiée en classe de troisième et dans les séries de premières ou de terminales. Elle peut aussi servir de document source à des dossiers d’histoire de l’art au niveau collège, ou de Travaux Pratiques Encadrés (TPE), au niveau lycée.

On peut néanmoins signaler que ce n’est que depuis 1993 que les textes officiels du ministère de l’éducation nationale évoquent ouvertement la Shoah, ainsi que le signale par exemple le dernier programme de classe de troisième (2008) : « La guerre est un affrontement aux dimensions planétaires. C’est une guerre d’anéantissement aux enjeux idéologiques et nationaux. C’est dans ce cadre que le génocide des Juifs et des tziganes est perpétré en Europe. L’étude des différentes modalités de l’extermination s’appuie sur des exemples : l’action des Einsatzgruppen, un exemple de camp de la mort »

L’apparition récente de la thématique dans la bande dessinée

Genre cantonné à la jeunesse, la bande dessinée n’aborde pratiquement pas le thème de la Shoah avant les années 1980. Ces événements tragiques ne pouvaient trouver leur place dans un médium destiné à la jeunesse. Les ambiguïtés des mémoires conflictuelles sur la Seconde Guerre mondiale en Europe ne facilitent pas, non plus, l’édition d’œuvres sur le sujet, tout au moins en Europe.

Tout au plus pouvons-nous signaler deux ouvrages. Tout d’abord, deux cases dans le chef d’œuvre de Calvo, La Bête est morte, où devant le wagon d’un train en partance il évoque la vengeance de la bête contre des tribus d’animaux pacifiques. Ecrite par Bernie Krigstein,  Master Race  est une bande dessinée de huit pages parue en 1955 dans laquelle un déporté rencontre son ancien tortionnaire. Publié en France en 1984 par les Humanoïdes Associés, ce récit est surtout connu pour avoir marqué durablement le jeune Art Spiegelman (voir l’entretien avec Isabelle Delorme).

Inutile de s’appesantir ici sur l’importance de Maus, publié à partir de 1986 aux Etats-Unis et de 1987 en France. Nous reviendrons dans nos exemples de travaux pédagogiques à partir de bandes dessinées sur la seule BD à avoir été distinguée d’un Prix Pulitzer (en 1992). La sortie de ce chef d’œuvre est la preuve manifeste de la maturation du neuvième art. Désormais, les bédéastes peuvent écrire sur des sujets difficiles, comme la Shoah, pour un public adulte de plus en plus large.

 SOMMAIRE

Bibliographie indicative sur la Shoah dans la bande dessinée

Des propositions de travaux pédagogiques :

  1. Maus en histoire des arts, niveau 3ème
  2. Des pistes pour travailler en cours d’histoire à partir de Maus
  3. Des ressources en ligne sur des bandes dessinées d’élèves réalisées à partir de la mémoire de la Shoah
  4. Travailler à partir de L’Enfant cachée en cycle 3, CM1 à 6ème
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