Napoléon et la bande dessinée ! A première vue, le rapport n’est pas évident. Pourtant, l’Empereur et son mythe sont les sujets d’une petite centaine d’albums. Franco-belge, roman graphique, recueil d’illustrations ou encore manga, tous les genres ont profité du souffle épique de l’histoire napoléonienne. Différents projets soutiennent ces récits : glorification du personnage, glorification de la France et de son histoire, moquerie, critique ou encore uchronie, tous ces albums racontent un aspect de l’histoire et en disent finalement plus sur leurs auteurs et l’époque qui les voit apparaître que sur Napoléon lui même.

Sans prétendre à l’exhaustivité, nous allons explorer quelques pistes pour cerner les rapports du 9e art avec l’Empire. Stéphane Dubreil repart aux origines de la bande dessinée avec Job (1858-1931), premier illustrateur à prendre l’histoire du Premier Empire comme sujet quasi exclusif au profit d’un projet politique nationaliste et guerrier. L’histoire de cette période avec son lot de mystères et sa part d’héroïsme se prête facilement au romanesque. Thierry Lemaire a rencontré Patrick Bouhet, historien spécialiste du Premier Empire, qui décrypte, pour Cases d’histoire, le premier tome de la série La Nuit de l’Empereur (Ordas et Delaporte, éditions Grand Angle). Le Singe de Hartepool (Moreau et Lupano, éditions Delcourt), histoire véridique aux résonances très contemporaines, fait l’objet d’une lecture très attentive de la part de notre partenaire italien Fumettologica, tandis que La Bataille, d’après le roman de Patrick Rambaud, rompt avec la littérature habituelle consacrée à Napoléon. A Essling, l’Empereur n’est plus le stratège infaillible qu’il semblait être ; et l’héroïsme de la légende laisse la place à l’horreur de la guerre. Mais un grand guerrier ne serait rien sans les femmes qui l’entourent. Thierry Lemaire fait preuve de légèreté et de romantisme, avec un panorama des grandes conquêtes féminines de Napoléon.

Personnage quasi sacré, Napoléon a néanmoins été malmené. Le manga friand d’histoire européenne ne pouvait pas passer à côté d’un tel personnage. Napoléon, de Tetsuya Hasegawa, joue avec les codes historiques et met en scène le Petit Caporal dans le monde de Ken le Survivant. Plus proche de nous, et connues de tous, les saillies drôlissimes de Goscinny ont joué, à une époque qui ne le permettait pas vraiment, avec le mythe, en amusant les lecteurs Français des années 60.

Christophe Girard nous livre quant à lui sa troisième carte blanche et rapproche – quelle surprise ! – Napoléon de Guillaume le Conquérant.

Enfin, Laurent Lessous propose des pistes pour les professeurs d’histoire qui voudraient utiliser la bande dessinée pour enseigner l’histoire du Premier Empire.

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