Après quelques semaines d’attente, voici la nouvelle mouture de Cases d’Histoire. Afin de vous proposer des articles toujours pertinents, notre webzine devient bimestriel, avec un numéro de mars-avril consacré à la Rome antique. Pour des raisons diverses, la publication de cet opus a été retardée. Rassurez-vous : notre équipe est plus soudée que jamais, et aucun cas de défection n’est à déplorer. Nous poursuivons simplement chacun(e) nos activités respectives parallèlement à cette aventure éditoriale inédite. Et ces derniers mois ont été très chargés. Ajoutez à cela des complications d’ordre logistique liées à la mise en place de la version payante, qui sera effective à partir du numéro 6, prévu pour fin mai. Il sera consacré à la Conquête de l’Ouest. Nous espérons que vous serez nombreux à nous suivre et nous soutenir dans cette aventure.

Mais revenons à notre sujet. De fait, on ne peut passer à côté de la Rome antique : Le Papyrus de César, trente-sixième tome de la série des Aventures d’Astérix reprises par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, a envahi les étals en fin d’année dernière à grand renfort de publicité. Depuis 1966, soit à peine cinq ans après la création de la série, les ventes de chaque album dépassent le million d’exemplaires en France, et ce nouveau tome est tiré à deux millions pour ce seul marché. Le mois de novembre a aussi vu la parution des dernières aventures d’Alix, autre série quinquagénaire qui se porte toujours aussi bien (voir notre interview de Marc Jailloux), et de son sequel, Alix Senator. Le succès tient évidemment aux qualités intrinsèques de ces séries. Mais il montre également que l’Antiquité romaine est un univers qui nous est familier… et qui fait vendre.

Cette période semble avoir tous les ingrédients pour plaire, et l’on retrouve dans la bande dessinée les grands thèmes qui ont fait la gloire du péplum : de grandes batailles, notamment durant les Guerres Puniques (lien vers l’article), une société décadente qui perd son temps et son énergie dans des orgies sans fin (lien vers l’article), des chrétiens tantôt martyrisés, tantôt présentés comme les fossoyeurs de l’Empire (lien vers l’article) … Un panorama des albums sur l’Antiquité romaine montre cependant que certains moments sont plus représentés que d’autres, notamment la fin de la République et le début de l’Empire avec l’extension territoriale vers les Gaules (lien vers l’article). C’est ce moment privilégié que choisit Christophe Girard pour sa carte blanche (lien vers la planche).

Mais l’Antiquité romaine reçoit un traitement particulier dans la bande dessinée, que l’on ne retrouve pas dans les films qui lui sont dédiés : à la suite de Jacques Martin, de nombreux auteurs entendent présenter à travers leurs albums une certaine vérité historique. Une dimension didactique qui se décline de maintes façons, entre bulles explicatives et notes insérées dans le texte, dossiers en fin d’album ou encore éditions plus scolaires, comme ces traductions en latin dont nous parle Annie Colognat (lien vers l’interview). Le dossier pédagogique proposé par Laurent Lessous s’annonce donc particulièrement riche (lien vers le dossier).

L’Antiquité romaine est aussi une des périodes où les liens entre recherche historique et bande dessinée sont les plus étroits. Les collaborations entre chercheurs et auteurs deviennent fréquentes, et certains adoptent même la double casquette, comme Jean-Claude Golvin qui passe à la bande dessinée après une carrière dans l’illustration scientifique (lien vers l’interview). De fait, la recherche récente sur la bande dessinée historique s’est pour l’instant surtout centrée sur l’Antiquité, à l’image d’un premier colloque sur La bande dessinée historique, sur lequel revient son organisatrice, Julie Gallego (lien vers son interview). De fait, la Rome antique est souvent traitée fidèlement, comme dans le Gloria Victis de Juanra Fernandez et Mateo Guerrero, que l’historien et archéologue Jean-Paul Thuillier commente pour nous (lien vers l’article) ; et la manière dont évoluent ses représentations, et notamment celles de la capitale de l’Empire, semble suivre en partie les inflexions historiographiques du moment (lien vers l’article sur les représentations de Rome).

Cela dit, à côté de séries résolument réalistes, des genres et des styles très différents se sont emparés du sujet. Il est particulièrement en vogue aujourd’hui chez les mangakas, certains s’amusant à des rapprochements entre les histoires japonaise et romaine (lien vers l’article). La quantité de titres et de séries dont l’action se déroule dans la Rome antique nous interdit d’en proposer un panorama un tant soit peu complet, mais Marjorie Fontaine, du site Arrête ton char, a sélectionné pour nous ses dix albums favoris. Et, parmi ceux qui sont aujourd’hui tombés dans l’oubli, nous avons ressorti pour l’occasion des fonds des bouquinistes le malheureux Celtil, dont le chemin s’est arrêté plus vite que prévu (lien vers l’article). Un exemple parmi d’autres de la production abondante d’un genre à succès.

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