Author Archives Laurent Lessous

La Conquête de l’Ouest américain, la période qui va de 1820 au début XXe siècle avec l’arrivée de l’automobile et donc la fin de domination sans partage du cheval, est peu, voire pas du tout, traitée dans les programmes d’Histoire du secondaire. Les élèves étudient la guerre d’indépendance, ses causes et ses conséquences, et ne retrouvent en cours d’Histoire la première puissance économique mondiale que pour son rôle dans la révolution industrielle puis lors de la Première Guerre mondiale.

C’est pour cette raison que pour le sixième numéro du webzine Cases d’Histoire nous délaisserons, pour une fois, la discipline purement historique pour proposer des pistes pédagogiques dans un enseignement très souvent confié aux professeurs d’histoire-géographie : l’éducation morale et civique (EMC).

(suite…)

Juin 30, 2016

De la légende de la fondation de la cité sur la Palatin à la fin de l’Empire romain d’Occident en 476, l’histoire de Rome est plusieurs fois inscrite au programme d’histoire des classes du secondaire. Les élèves de sixième s’intéresseront ainsi à Romulus, à la romanisation des provinces et aux conquêtes jusqu’à la fin de la république. En classe de seconde, on demande aux lycéens de s’interroger sur l’invention de la citoyenneté dans le monde antique. Après avoir étudié le « métier » de citoyen à Athènes au temps de Périclès, c’est être citoyen au temps de l’empire qui doit leur poser question. En effet, les historiens ont mis en évidence que la pérennité de l’empire tient pour beaucoup à l’octroi de la citoyenneté romaine aux peuples conquis, ce qui constitue un cas unique dans l’Antiquité, voire dans l’histoire.

 

  • En classe de sixième, des pistes pour étudier : « Des origines à la fin de la République : fondation, organisation politique, conquête » en bande dessinée

 

En fin d’année de sixième les élèves abordent l’histoire de Rome, de ses débuts à la fin de la république. Nous avons dégagé trois axes d’études qui peuvent être abordés par l’intermédiaire de bandes dessinées :

  • Du mythe à l’histoire : l’Énéide et la légende de Romulus et Remus
  • L’enchaînement des conquêtes qui aboutit à la formation d’un vaste empire à partir de l’exemple de la conquête de la Gaule par César
  • Les débuts de la romanisation

Nous vous proposons deux exemples d’études de bandes dessinées, dans leur entier, menées en classe de sixième.

Tout d’abord, pour traiter le thème de l’enchainement des conquêtes, un travail sur la bataille d’Alésia à partir de la bande dessinée Les Voyages d’Alix, Alésia.

Pedago01Objet d’étude : Wyllow, P. Davoz, J. Martin, Alésia, les voyages d’Alix, Casterman, 2014

Classe : 6e

Programme traité : Le siège d’Alésia dans le chapitre consacré à Rome, l’enchaînement des conquêtes à travers l’exemple de la conquête de la Gaule par César.

Objectifs de l’étude : Raconter le siège d’Alésia

Présentation de l’étude :

Le siège d’Alésia en 6e se prête particulièrement bien à l’étude d’une bande dessinée sur le sujet. Le recours à l’image permet d’incarner les principaux protagonistes et visualiser l’organisation du siège et les raisons de la victoire romaine.

De plus la collection Les voyages d’Alix très bien documentée, fait référence à la source principale du siège d’Alésia à savoir Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César. Aussi le travail sur la BD, en lien avec celui sur une source historique de première main, permet d’aborder très simplement la manière dont on construit l’histoire.

Questionnaire :

Situer dans l’espace et le temps :

  1. A quelle date et où la bataille d’Alésia a-t-elle eu lieu ?
  2. Quelle est la situation de la Gaule à cette date. Aide-toi de la carte conquête de la Gaule (page 86, manuel histoire-géographie 6e, Belin, 2009)
  3. Présente brièvement les deux personnages principaux, Vercingétorix et César, en relevant dans la BD toutes les informations concernant leur carrière, leur statut …

Le déroulement du siège :

  1. Présente le site d’Alésia (page 10)
  2. Quelle est la stratégie de Vercingétorix à Alésia ? (pages 4, 5, 9 et 13)
  3. Quelle est la stratégie de César ? (Page 14)

La fin du siège :

  1. Qui remporte la bataille ? Pour quelles raisons ? (pages 30 et 33 puis page 32)
  2. Qu’arrive-t-il à Vercingétorix et aux Arvernes ? (pages 47-48)

Conclusion :

  1. Compare cette histoire à celle racontée par César dans La Guerre des gaules (extraits du manuel histoire géographie 6e, Belin, 2009, documents 3 et 4 p 86-87). Que constates-tu ?

 

La deuxième fiche pédagogique que nous vous soumettons concerne la romanisation. Elle propose un questionnaire sur la bande dessinée Trafic d’armes à Argentomagus.

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Objet d’étude : Bande dessinée Trafic d’armes à Argentomagus, Textes et dessins : Claude Turier, Synopsis : Gérald Culon, Couleurs : Roland Bury, Lettrage : Dom, publiée par la Région Centre et ARCHEA (association en Région Centre pour l’Histoire et l’Archéologie), 2004

Classe : 6e

Programme traité : La romanisation dans le cadre du chapitre : L’Empire, la ville et la romanisation

Préalable : Les élèves auront préalablement étudié en classe la ville de Rome, l’Urbs, capitale de l’Empire et ses principaux monuments.

Objectifs de l’étude :

  • Comprendre la romanisation à travers l’exemple d’une ville gallo-romaine c’est-à-dire une ville fondée sur le modèle de Rome, dans laquelle les habitants adoptent le mode de vie, la langue et la religion romaine sans faire disparaître la diversité religieuse et culturelle.
  • Être capable de décrire une ville gallo-romaine

Présentation de l’étude :

Etudier la romanisation en 6e à partir de la BD Trafic d’armes à Argentomagus a plusieurs intérêts. C’est d’abord l’occasion de comprendre une notion complexe, la romanisation, à partir d’un exemple très concret, une ville gallo-romaine : Argentomagus, aujourd’hui située à Saint-Marcel, près d’Argenton-sur-Creuse dans l’Indre.

Mais surtout, c’est un moyen pour les élèves de s’approprier plus facilement les connaissances grâce au biais de la fiction très adaptée à de jeunes élèves (11-12 ans) : l’histoire est inventée mais se passe dans un contexte historique très juste et bien reconstitué.

Les élèves liront la BD en entier (ce travail peut se faire en lien avec d’autres matières, le français et l’art plastique par exemple). L’étude peut se compléter par un travail sur le site internet d’Argentomagus et une visite du musée sur la commune de saint-Marcel dans l’Indre.

Questionnaire :

Situer dans l’espace et le temps :

  1. A l’aide de la carte au tout début de la BD, situe Argentomagus dans l’espace : A quelle partie de l’Empire romain appartient-elle ? Quelle région ? Sur une route qui relie quelles grandes villes ?

Réponse attendue : Argentomagus se situe en Gaule romaine dans la province romaine d’Aquitaine sur la route reliant Burdigala (Bordeaux) à Lutetia (Paris).

  1. A l’aide de la page 3, situe l’histoire dans le temps : A quelle date se déroule cette histoire ? Sous quel empereur romain ? A l’aide de tes connaissances, précise depuis quel siècle ce territoire est romain.

L’histoire se déroule en 270 sous le règne de l’empereur Aurélien. Cette partie de la Gaule est romaine depuis le Ier siècle avant JC.

La ville gallo-romaine d’Argentomagus au IIIe siècle

  1. Compare Argentomagus à Rome : relève dans la BD les édifices et les lieux que ces deux villes ont en commun.
  • Pont : planche 14
  • La maison de Quintus Sergius Macrinus : planches 14 et 15
  • Les thermes : planche 20
  • La fontaine monumentale : planche 30
  • Les temples : planches 36, 42 et 43
  • Le théâtre : planches 13 et 44

Vivre à Argentomagus au IIIe siècle

  1. Vignette 3 planche 3, vignette 4 planche 43 : Quels dieux sont honorés à Argentomagus? Présente-les brièvement

Hélios-Sérapis : dieu du soleil, divinité syncrétique greco-égyptienne de l’époque hellénistique et Mercure, dieu romain du commerce et messager des dieux

  1. Planche 6 vignette 1, planche 9 vignette 7, planche 10 vignette 2, planche 12 vignettes 4 et 5 : Quelle langue est utilisée à l’écrit, sur quels supports et avec quel outil ?

La langue écrite est le latin. On utilise les tablettes de cire et le stylet pour écrire. On grave également sur de la pierre. On voit aussi des rouleaux qui peuvent être du parchemin( planche 9)

  1. Planche 5 vignette 2, planche 14 vignette 2 : Comment s’appellent l’ancien et le nouveau directeur de la fabrique d’armes à Argentomagus? Que nous apprennent ces noms sur le statut de ces personnages ? A l’aide de tes connaissances indique depuis quand les hommes libres de l’Empire sont citoyens romains ?

Ancien directeur : Caius Aemilius Rufus ; nouveau directeur : Quintus Sergius Macrinus

Ce sont des citoyens romains. L’usage des trois noms le démontre : le praenomen (prénom), le nomen (nom de famille) et le cognomen (le surnom).

En 212, l’empereur Caracalla décide d’accorder la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’Empire.

  1. Planche 11 : Décris le rite funéraire de Caius Aemilius Rufus.

Le corps est emmené dans un cortège à un bûcher où il est brûlé. Ses cendres sont ensuite déposées dans une urne enterrée au pied d’une stèle gravée au nom du défunt ; Ce rite funéraire est typiquement romain.

  1. Relève des objets du quotidien
  • Amphores (ex : planche 3 vignette 5)
  • Pichets, biberon en verre (planches 14-15)
  • Strigile (planche 20)
  • Lampe à huile (planche 23)
  • Torque (planche 34)

Ces objets témoignent de l’influence romaine dans le quotidien des habitants d’Argentomagus et du maintien d’objets typiquement gaulois (torque)

  1. Relève les moyens de transport utilisés par les personnages :
  • Char tiré par deux chevaux (bige) planche 5
  • Litière fermée tirée par des chevaux (planche 13)

Moyens de transport utilisés à Rome et diffusés dans l’Empire

Conclusion :

A partir des différents éléments observés décris la ville gallo-romaine d’Argentomagus et montre que c’est une ville romanisée.

 

  • Citoyenneté et empire à Rome (Ier- IIIe siècle) par la bande dessinée en classe de seconde

 

En classe de seconde, traiter du deuxième thème du programme ; l’invention de la citoyenneté dans le monde antique, est obligatoire. Après le « métier » de citoyen à Athènes les élèves sont confrontés à la vision universaliste et intégratrice de la citoyenneté dans un vaste empire de plus de 3 millions de Km2. Être citoyen devient un symbole de réussite sociale et d’intégration culturelle : il s’agit d’un « civisme concret, improvisé, informel, individuel, un mélange d’inégalités économiques et de solidarisme civique » selon Paul Veyne. L’étude de bandes dessinées doit donc être menée en liaison avec le processus de romanisation et d’intégration.

Plusieurs bandes dessinées offre la possibilité d’étudier la très grande diversité de la population de l’Empire à son apogée, que ce soit par l’origine géographique ou son statut juridique. Nous avons retenu cinq ouvrages pouvant servir de support à une telle étude :

Gloria Victis (1 et 2) par Juanra Fernandez et Mateo Guerrero, Le Lombard

Les Ombres du Styx (1 à 3), par Isabelle Dethan, Delcourt

Cassio (1 à 6) par Stephen Desberg et Henri-Joseph Reculé, Le Lombard

Les Aigles de Rome (1 à 4) par Enrico Marini, Dargaud

Arelate (1 à 4) par Laurent Sieurac et Alain Genot, Editions Idées, Cleopas et 100 Bulles

 

Nous vous proposons un questionnaire à livrer aux élèves après la lecture d’Arelate. 1, Vitalis, Laurent Sieurac et Alain Genot, Idées +, 2009.

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Dans le premier album de la série, Arles est une cité romaine prospère, en cette fin du premier siècle de notre ère sous le règne de l’empereur Domitien. On y construit un amphithéâtre. Sur le chantier travaille Vitalis, un tailleur de pierre. Il est renvoyé pour avoir enfreint la règle qui interdit les jeux sur le lieu de son travail. Bagarreur, il n’arrive pas à se faire engager de nouveau alors qu’il a besoin d’argent : sa femme est prête à accoucher et il a déjà emprunté une forte somme à un banquier. Il décide, à contrecœur, de s’engager comme gladiateur. Il croise souvent dans les rues de la ville le jeune Neiko, fils d’un armateur, qui rêve de quitter l’école pour prendre la mer et découvrir les autres ports de l’empire.

Cette bande dessinée a de nombreuses qualités, loin des jeux de pouvoir à Rome elle dévoile la vie de tous les jours du petit peuple d’une cité romaine à l’apogée de la Pax Romana. Scénariste et dessinateur Laurent Sieurac bénéficie pour le scénario de l’aide d’Alain Genot, qui comme conseiller historique donne une épaisseur aux nombreux détails que l’on trouve au détour d’une case sur la vie des arlésiens de l’époque. Gilles Chaillet dans une préface élogieuse souligne la qualité du superbe dessin réaliste en noir et blanc qui redonne vie aux rues populaires d’Arelate : « Laurent Sieurac nous offre une intrigue touchante où l’épaisseur psychologique des personnages n’est pas le moindre des ressorts dramatiques de cette belle aventure riche en rebondissements. Il réalise des décors généreux et solidement documentés, que viennent agrémenter quelques scènes de rue dignes des épigrammes de Martial ou de Juvénal. » Un cahier graphique de 8 pages et un très intéressant cahier pédagogique de 7 pages complètent utilement la fiction dessinée.

 

Après la lecture de l’album l’élève devra répondre aux questions suivantes :

Le contexte

  • Dans quelle ville se situe le récit ? Quel est son nom aujourd’hui ?
  • Quelle autre ville est citée ?
  • Ces villes appartiennent à quel empire ? Comment s’appelle la province où elles se situent ?
  • D’après tes recherches depuis quand cette région appartient-elle à l’empire romain ?
  • Quelle est la langue parlée par les habitants de la cité ? Ces habitants veulent-ils quitter l’empire ?
  • A quelle époque se situe ce récit ?
  • Quel est l’empereur à ce moment-là ? Peux-tu dater plus précisément le récit avec les dates de règne de cet empereur ?

Arelate au Ier siècle

  • Qui dirige la cité d’Arelate à l’époque ?
  • Quel fleuve passe au cœur de cette cité ?
  • Quels monuments marquent l’appartenance de cette cité au monde romain ?
  • D’où vient la richesse de la ville ? Avec quelles villes le père de Neiko entretient-il des relations commerciales ?
  • Quelle ville est citée pendant le cours de Neiko page 19 ? Quel est son nom aujourd’hui ? Quel monument prouve que c’est la capitale des Gaules au Ier siècle ?

Vitalis

  • Quel est le métier de Vitalis au début de l’album ? Pourquoi est-il renvoyé ?
  • Que devient-il à la fin de l’album ?
  • Quel est son nom complet ?
  • Quel est son statut juridique en début d’album
  • Pourquoi va-t-il voir un décurion aux pages 49 -50 ?
  • Quel est son statut juridique après cette date ?

 

Conclusion

A partir de ta lecture de la bande dessinée, dresse un portrait de la ville d’Arelate au Ier siècle de notre ère. En quoi est-ce une riche cité du monde romain ? N’oublie d’évoquer l’ensemble des statuts juridiques de la population de la cité.

 

Continuer vers la bibliographie

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Avr 01, 2016

Bibliographie indicative sur l’histoire de Rome dans la bande dessinée contemporaine

Les classiques

  • La série Alix de Jacques Martin et de ses successeurs, Le Lombard puis Casterman, tomes 1 à 19 par Jacques Martin seul, tomes 20 à 28 par Jacques Martin et ses collaborateurs, tome 29 à 33 sans Jacques Martin
  • Alix senator. 1 à 4, de Valérie Mangin et Thierry Démarez, Casterman, 2012 à 2015
  • Les Voyages d’Alix 1 à 35, Gilles Chaillet et ses successeurs, Casterman, 1996 à 2013
  • Alix raconte 1 à 3, François Maingoval et dessinateurs, Casterman, 2008
  • La série Astérix, 1 à 36, René Gosciny, Albert Uderzo puis Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, Dargaud puis Editions Albert René, 1961 à 2015
  • Murena (1 à 10), Jean Dufaux et Philippe Delaby, Dargaud, 1997- 2017

Rome et son histoire

  • Roma (1 et 2), Eric Adam, Luca Erbetta, Didier Convard, Pierre Boisserie et Gilles Chaillet, Glénat, 2015
  • Thermae Romae, (1 à 6), Mari Yamazaki, Casterman, 2012 à 2015
  • Le Voleur de Carthage (1 et 2), Appollo et Hervé Tanquerelle, Dargaud, 2013 -2014
  • Pompéi, Frank Santoro, éditions Çà et là, 2014
  • Les Aigles de Rome (1 à 4), Enrico Marini, Dargaud, 2007 -2013
  • La Lionne (1 et 2), Sol Hess et Laureline Mattiussi, Glénat, 2012 -2013
  • Apostat (1 à 3), Ken Broeders, BD must, 2012
  • La Centurie des convertis, Bruno Césard et Manuel Morgado, Fauvard éditions, 2011
  • Les boucliers de Mars (1 à 3), Gilles Chaillet et Gine, Glénat, 2011 à 2013
  • Salomé, Les adorateurs de Ranactès (1 et2), Eric Prungnaud et Giuseppe Palumbo, Humanoïdes Associés, 2005 -2006
  • Spartacus le gladiateur, Jean-Luc Istin et Serge Fino, Soleil, 2004
  • Peplum, Blutch, Cornelius, 1997 puis 2004
  • La Dernière prophétie (1 et 2), Gilles Chaillet, Glénat, 2002 -2003
  • Lucius Crassius, Grégory Jarry et Otto T., FLBLB éditions, 2002

Les conquêtes et notamment celle de la Gaule puis la vie dans les provinces de l’empire

  • Gloria Victis (1 et 2), Juanra Fernandez et Mateo Guerrero, Le Lombard, 214 -2015
  • Vercingetorix, Didier Convard, Éric Adam et Stéphane Bourdin, éditions Glénat et Fayard, 2014
  • Euréka, Hitoshi Iwaaki, Komikku, 2013
  • Les Ombres du Styx (1 à3), Isabelle Dethan, Delcourt, 2012 à 2014
  • Cassio (1 à 6), Stephen Desberg et Henri-Joseph Reculé, Le Lombard, 2007-2012
  • La guerre des Gaules. 1, Caius Julius Caesar, Tarek et Vincent Pompetti, Editions Tartamudo, 2012
  • L’Expédition. 1, Le Lion de Nubie, Richard Marazano et Marcelo Frusin, Dargaud, 2012
  • Carthage (1 et 2), Fabrice David, Grégory Lassablière et Ana Koelher, Soleil, 2010-2011
  • Arelate (1 à 4), Laurent Sieurac et Alain Genot, Idées + puis Cleopas et 100 Bulles, 2009 à 2015
  • Pour l’empire (1 à3), Bastien Vivès et Merwan Chabane, Dargaud, 2009 à 2011
  • Les déserteurs, Christopher Hittinger, The Hoochie coochie, 2009
  • Labienus (1 et2), Thierry Lamy et Christian Leger, Editions Theloma, 2005-2006

Des séries à visées pédagogiques

  • Alcibiade Didascaux chez les Romains (1 et 2), Clanet et Clapat, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux et la fin de la République. 1, Caius Julius Caesar et Cléopâtre, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux et la fin de la République. 2, Caius Julius Caesar, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux et la fondation de l’empire. 1, Antoine et Cléopâtre, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux et la fondation de l’empire. 2, Auguste et la fondation de l’empire, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux chez les Gaulois. 1, Des Celtes à la prise de Rome par les Gaulois, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux chez les Gaulois. 2, « Vae Victis », de Brennus aux aventures du proconsul César en Gaule, Athéna éditions
  • Alcibiade Didascaux chez les Gaulois. 3, de la révolte de Vercingétorix à la Gaule romaine, Athéna éditions
  • Roma, Alesia, Luccisano, Ansar, Rodriguez, Folny, Assorbd
  • Roma, Postumus, Luccisano et Woehrel Assorbd
  • Alix et Arsénou. Alix & Arsénou à Rome, Frédéric Brrémaud et Lorenzo De Felici, Editions Clair de lune, 2014
  • L’histoire de France en BD. 5, Vercingétorix et les Gaulois, Dominique Joly et Bruno Heitz, Casterman, 2013
  • Histoire des sciences en BD. 2, Des Romains au Moyen Age, Jung Hae-yiong et Young-hee Shin et Sung-rae Pack, Casterman, Avril 2007
  • Les Gaulois contre César, Jean Markale et Xavier Musquera, Larousse, 2006
  • Dans la Rome des Césars, Gilles Chaillet, Glénat, 2004
  • Trafic d’armes à Argentomagus, Claude Turier, Archea éditions, 2004

Humour, science-fiction et Bd jeunesse

  • Gladiatorus (1 et 2), Christophe Cazenove et André Amouriq, 2013 -2014, Bamboo
  • Geronimo Stilton. 2, L’Imposteur du Colisée, Elisabetta Dami et Wasabi ! Studio, Glénat, 2011
  • Le Dernier Troyen (1 à 6), Valérie Mangin et Thierry Demarez, Editions Quadrants, 2003 à2008
  • Le Fléau des dieux (1 à 6), Valérie Mangin et Aleksa Gajic, Soleil, 2001 à 2006

 

Continuer vers les ressources pédagogiques sur le net

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Avr 01, 2016

Des ressources pédagogiques sur le net

La longue histoire de Rome se prête à de multiples exercices pédagogiques à partir de bande dessinées anciennes ou récentes. Soulignons tout d’abord la grande qualité du colloque sur la bande dessinée historique traitant de l’antiquité, tenu à l’université de Pau en 2011. Les actes de ce colloque organisé par Julie Gallego sont disponibles.

 

Certaines séquences pour les classes du secondaire sont consultables en ligne. Nous avons retenu pour vous :

 

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Avr 01, 2016

Le marin ironique, né de l’imagination d’Hugo Pratt, traverse impassible les soubresauts du début du XXe siècle, de la Mandchourie lors du conflit russo-japonais de 1905 à la recherche de l’Atlantide en 1925, voire à la guerre civile espagnole. Il y aurait disparu, engagé dans les Brigades internationales.

Les enseignants du secondaire peuvent utiliser les aventures de Corto Maltese dans certaines séquences pédagogiques. La complexité du personnage et des intrigues, le fait que Pratt n’explique jamais le contexte historique ni le « background » des personnages bien réels que rencontrent ses héros de fiction, nous font réserver ces études à des élèves pouvant appréhender ces récits dans toute leur complexité, pas avant la classe de troisième, pour de courtes séquences, et plus assurément au lycée pour des apprentissages plus approfondis, notamment lors du temps consacré aux enseignements d’exploration.

  • Des pistes en histoire des arts au collège

Tous les enseignants des classes de troisième peuvent prodiguer aux élèves des séquences d’histoire des arts. C’est un enseignement fondé sur une approche pluridisciplinaire des œuvres d’art qui permet aux élèves de maîtriser les repères historiques et culturels indispensables pour comprendre les œuvres et enrichir leur pratique artistique.

Selon les instructions officielles du ministère, cet enseignement a pour objectif d’offrir à tous les élèves : – des occasions de découvrir directement et personnellement des œuvres de référence relevant de différents domaines artistiques, de différentes époques et civilisations ; – la capacité de poser sur ces œuvres, grâce à la familiarité acquise avec elles, un regard plus averti et plus sensible ; – la possibilité d’acquérir ainsi une culture personnelle à valeur universelle.

L’étude de quelques planches de l’une des aventures de Corto Maltese, qu’elle se déroule pendant la Première Guerre mondiale ou peu après – dans La Maison dorée de Samarkand, des Arméniens se font justice de l’un des commanditaires du génocide de leur peuple – se prête évidemment aux modalités de cet enseignement qui concerne toutes les disciplines, même s’il sollicite plus particulièrement les enseignements artistiques et l’histoire. Ces études d’œuvres remarquables du neuvième art relèvent de deux domaines artistiques : les arts du langage (littérature, récit, poésie) et les arts du visuel (arts plastiques).

Samarkand

© 1986 Cong S.A. / Casterman – Hugo Pratt™ © Cong S.A., Suisse. Tous droits réservés.

  • Des pistes pour l’enseignement d’exploration au lycée

Nous avons rappelé, en introduction, la difficulté pour de jeunes lecteurs de lire et de comprendre les subtilités des récits inventés par Hugo Pratt. C’est pour cela que nous pensons que c’est au lycée que les enseignants peuvent davantage développer des approches didactiques de séquences entières des aventures de Corto Maltese.

Un dispositif récent, les enseignements d’exploration – littérature et société – en classe de seconde, se prête à ce type d’étude. Cet enseignement vise à renforcer l’attractivité de la voie littéraire, en montrant aux élèves l’intérêt, l’utilité sociale et la diversité des débouchés d’une formation humaniste au sens large et moderne du terme.

L’enseignement d’exploration « littérature et société » a un programme spécifique, structuré autour des lettres et de l’histoire-géographie. Il est présenté sous forme de domaines d’exploration. Pour étudier une des aventures de Corto Maltese, un domaine d’exploration s’impose : « Écrire pour changer le monde : l’écrivain et les grands débats de société ». En effet, il faut faire réfléchir les élèves sur des problématiques comme : « De quelle manière les écrivains ou bédéastes participent-ils aux débats politiques et aux débats de société, à la construction, à la diffusion ou à la mise en question des opinions et des valeurs de leur époque ? Quel rôle jouent-ils dans les représentations et les opinions qui sont communément partagées ou qui sont l’objet de controverses dans une société ? Dans quelle mesure sont-ils créateurs, catalyseurs ou porteurs de manières de voir et de penser ? ».

Les compétences visées sont multiples. Cet enseignement ouvre une perspective sur des études où les compétences de réflexion et d’expression sur les phénomènes politiques et socioculturels sont essentielles : capacité à démêler des enjeux complexes, à analyser les discours, à sérier les opinions, à saisir les différentes manières d’exprimer des valeurs et de représenter une idée, à mesurer la part d’implicite dans un énoncé et à tenir compte des situations d’énonciation…

Partir de l’étude d’un corpus d’albums de Pratt permet à l’élève, à l’aune du parcours anarchisant de Corto Maltese, de mesurer l’importance de l’exercice libre de la pensée pour tout citoyen, d’identifier différentes formes de l’engagement, ainsi que d’exercer leur esprit critique.

Le point d’entrée qui s’impose est bien sûr : « Ce que la fiction dit du monde ». Pour un élève de 16 ans, comprendre le parcours de Corto Maltese c’est questionner le monde du début du XXème siècle et l’itinéraire d’un auteur hors norme, Hugo Pratt. L’enseignant peut mettre en perspective son œuvre en étudiant d’autres textes ou bandes dessinés polémiques ou satiriques et des œuvres de genres divers où s’expriment des opinions et des valeurs (pamphlets, parodies, romans policiers, d’espionnage, de science-fiction, lettres ouvertes, etc.).

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© 1979 Cong S.A. / Casterman – Hugo Pratt™ © Cong S.A., Suisse. Tous droits réservés.

Le pédagogue attentif trouvera des séquences qui se prêtent à une étude en cours dans presque tous les albums de Corto Maltese. Nous allons préciser quelques pistes pédagogiques dans la dernière partie. Voici, d’ors et déjà deux exemples d’utilisation en classe de l’album Corto Maltese en Sibérie.

Dans une étude transdisciplinaire, les enseignants d’histoire et de lettres peuvent prendre appui sur deux passages de l’album.

De la page 20 à la page 25 –version noir et blanc, édition de 1979 -, Corto croise Raspoutine, dans la foule de Hong-Kong, avant que celui-ci ne disparaisse, laissant le marin au prise avec la police anglaise. L’enseignant d’histoire tire du récit des questions sur le monde de 1919 :

  • Que se passe-t-il en Russie et particulièrement en Sibérie ?
  • Qui sont les Bolcheviks ? les Contre-révolutionnaires ?
  • Qui sont les « Seigneurs de la guerre » de Mandchourie ?
  • Quelle est la situation géopolitique de Hong-Kong ?
  • De quel pays viennent les soldats qui arrêtent Corto ? Pour quelle nation travaillent-ils ? Pourquoi ?

L’enseignant de Lettres, peut dès lors amener les élèves à s’’interroger sur l’image de Corto Maltese. Quel est son passé ? En quoi est-il un gentilhomme de fortune ? Pourquoi le policier dresse-t-il son portrait en bas de la page 24 ? Que peut-on imaginer de son caractère, quand il affirme : « Loger dans un quartier mal famé, là où se trouvent plein de voleurs et de jolis femmes. » ?

Il est aussi intéressant de faire se questionner les élèves sur les pages 91 – 92, tant sur ce qu’apporte le dessin – quel est l’espace – réel ou rêvé – représenté à la page 91 ?, le rapport entre les images et le poème de Rimbaud : « Et j’irai loin, bien loin comme un Bohémien, par la nature heureux comme avec une femme. », et enfin sur ce qu’annonce le baron Von Ungern-Sternberg : « une contre révolution plus terrible que leur révolution ».

Un dernier mot toutefois sur les enseignements d’exploration. L’élève peut aussi s’imprégner des aventures de Corto Maltese à partir de la thématique : « Images et langages : donner à voir, se faire entendre ». Là encore, une étude des récits imaginés par Pratt s’inscrit on ne peut plus dans les textes des instructions officielles : « En donnant à réfléchir sur les relations entre texte et image, sur la façon dont les images font sens, nous touchent et nous émeuvent, sur leur relation au réel, on exerce chez les élèves la capacité à appliquer des méthodes de lecture et de traitement d’un document iconographique, on cultive des compétences d’analyse des codes et des procédés mis en œuvre. On enrichit également leur conscience et leur jugement esthétique par une mise en relation de la littérature, du patrimoine historique et des arts visuels ».

Au-delà d’un travail sur les bandes dessinées, l’enseignant peut prendre comme point d’entrée à sa séquence pédagogique une étude comparée entre les livres et les films – long-métrage de 2002 et les moyens-métrages de la même année diffusés sur Canal + – qui permettra de croiser et d’enrichir l’une par l’autre des perspectives disciplinaires différentes. Voilà des occasions innovantes d’explorer et de développer des compétences sur le langage de l’image.

  • Des pistes pédagogiques notamment sur Internet

L’enseignant ou le bédéphile curieux trouve dans certains ouvrages et sur le net des pistes pédagogiques utiles à sa culture personnelle ou à sa réflexion de pédagogue.

FableVeniseMagnard

© 1986 Cong S.A. / Casterman – Hugo Pratt™ © Cong S.A., Suisse. Tous droits réservés.

Nous conseillons en premier lieu les deux rééditions au format poche de La Jeunesse de Corto et de Fable de Venise, aux éditions Magnard. Elles sont accompagnées d’un appareil pédagogique écrit par un enseignant spécialiste de la bande dessinée (Vincent Marie pour La Jeunesse de Corto et Philippe Tomblaine pour Fable de Venise). Plus de renseignements sur le site des éditions Magnard.

Sur les sites académiques, Corto Maltese est au cœur de plusieurs pratiques pédagogiques innovantes :

Pour ceux qui veulent suivre avec un regard de géographe les déplacements du capitaine maltais de par le monde :

Enfin des pistes de réflexion à partir du jeu vidéo dérivé de la série ou pour un travail en arts appliqués :

 

sommaire

Sep 30, 2015

Bibliographie indicative des bandes dessinées ayant pour sujet Napoléon et le Premier Empire

 

1. Les bandes dessinées biographiques ou à vocation pédagogique

  • Napoléon (Intégrale) de Fred et Liliane Funcken, Lombard, 2015
  • L’Histoire de France en BD. 9, Napoléon et l’empire de Dominique Joly et Bruno Heitz, Casterman, 2015
  • Napoléon. 1 (3 tomes de prévus) de Noël Simsolo, Jean Tulard et Fabrizio Fiorentino, Glénat, 2014
  • Et Napoléon créa… La Roche-sur-Yon, de Jean-Blaise Djian et Damour, Editions Vagabondages, 2013
  • Napoléon. 1 et 2, de Nicolas Dandois, Editions Les Ronds dans l’O, 2010 – 2011
  • Napoléon Bonaparte, 1 à 4, de Jacques Martin, Pascal Davoz et Jean Torton, Casterman, 2010 à 2015
  • Napoléon. 1 à 3, d’André Osi, Joker Editions, 2009 à 2013
  • Bonaparte : la campagne d’Egypte, de Jacques Martin et Jérôme Mondoloni, Casterman, 2008
  • Napoléon, 1 à 6, de Tetsuya Hasegawa, Editions Kami, 2006
  • Marbot, 1 à 7, de Stéphane Pêtre, Theloma, 2006 à 2013
  • Malet, de Nicolas Juncker, Treize étrange, 2005

2. Les bandes dessinées sur les batailles et les guerres napoléoniennes

  • Waterloo – Le Chant du départ, de Maurizio Geminiani, Bruno Falba, Andrea Meloni et Christophe Regnault, Glénat, 2015
  • Waterloo, de Mor, TemPoe, Daniel et Courcelle, Sandawe, 2015
  • Adelante !, 1 et 2 de Franck Giroud et Javi Rey, Dupuis, 2013 et 2014
  • La Bataille. 1 à 3, de Patrick Rambaud, Frédéric Richaud et Ivan Gil, Dupuis, 2012 à 2014
  • Thérèse, dragon : récit de campagnes napoléoniennes, de Damien Marie et Karl Tollet, Editions Vents d’Ouest, 2013
  • Frontline combat. 2, de Harvey Kurtzman et Jack Davis, Akileos, 2013 (épisode sur Austerlitz)
  • Waterloo, de Patrick Pirlo et Eco, Les Enfants rouges, 2008
  • Souvenirs de la Grande Armée, 1 à 4, de Michel Dufranne et Alexander, Delcourt ; 2007 à 2012
  • Les oubliés de l’Empire. 1 à 3, de Philippe Eudeline et Thierry Vette, Joker Editions, 2008 à 2010
  • Napoléon, Austerlitz et Waterloo, de Bernard Asso, Erik Arnoux et Brice Goepfert, Larousse, 2006
  • Les Perdus de l’Empire, de Franz et Éric, Le Lombard, 1990

3. Les œuvres de fiction qui utilisent le contexte de l’époque

  • Vidocq. 1, le Suicidé de Notre-Dame, de Richard D. Nolane et Sinisa Banovic, Soleil, 2015
  • La Nuit de l’empereur. 1, de Patrice Ordas et Xavier Delaporte, Bamboo, 2015
  • La Banque, première génération. 1 à 3, de Philippe Guillaume, Pierre Boisserie et Julien Maffre, 2014 -2015
  • L’Homme de l’année, 1815, de Sébastien Latour et Gin, Delcourt, 2013
  • Le singe de Hartlepool, de Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau, Delcourt, 2012
  • L’espion de l’Empereur, de Bruno Falba et Sibin Slavkovic, Joker, 2012
  • Ils étaient dix, 1 à 6, d’Éric Stalner, Editions 12 bis, 2009
  • Les fils de la louve : La Louve et l’Aigle, de Patrick Weber et Fernando Pasarin, Lombard, 2008
  • Double masque, 1 à 6, de Jean Dufaux et Martin Jamar, Dargaud, 2004 à 2013
  • Pyramides. 1 à 3, Didier Quella-Guyot et Sophie Balland, EP Editions, 2004 à 2006
  • Shandy. 1 à 2, Matz et Dominique Bertail, Delcourt, 2004 à 2006
  • Les fils de l’Aigle, 1 à 11, de Michel Faure et Daniel Vaxelaire, Theloma, 1985 à 1998
  • Le Décalogue. 8, Nahik, Frank Giroud et Lucien Rollin, Glénat, 2002
  • Arno, Le pique rouge. 1 à 6, de Jacques Martin et Jacques Juillard, 1984 -1990

4. Les uchronies

  • Le Triangle secret : Hertz, 4 et 5, La Troisième mort de l’empereur, de Didier Convard, Éric Adam et Gine, Glénat, 2014 et 2015
  • Jour J. 17, Napoléon Bonaparte : 1799, le fils adoptif du père de la nation américaine part à la recherche de l’eldorado, de Fred Duval, Jean-Pierre Pecau et Mr Fab, Delcourt, 2014
  • Jour J. 11, La Nuit des Tuileries : 1795, 4 ans après la mort du roi, les armées de Marie-Antoinette marchent sur Paris, de Fred Duval, Jean-Pierre Pecau et Florent Calvez, Delcourt, 2012
  • Waterloo 1911. 1 à 3, de Thieery Gloris et Emiliano Zarcone, Delcourt, 2008 à 2012
  • Empire. 1 à 3, de Jean-Pierre Pecau et Igor Kordey, Delcourt, 2006 -2007

 5. Les bandes dessinées d’humour

  • Napo et nous. 1, La Pyramide de l’aigle : l’Empire est devant nous de Jean-Pierre Dirick, Editions Arcimboldo, 2015
  • Le Petit Napoléon illustré de Jean-Claude Carrière et Pierre Etaix, Editions Wombat, 2015
  • Napoléon et Bonaparte, de Jean-Marc Rochette, Casterman, 2000
  • Godaille et Godasse, 1 à 5, de Raoul Cauvin et Jacques Sandron, Dupuis, 1982 à 1988
Juil 23, 2015

La bande dessinée un médium adapté pour enseigner la complexité d’un personnage et d’une époque auprès des plus jeunes

 

Il est difficile de trouver des exemples d’utilisation de bandes dessinées à des fins pédagogiques sur Napoléon Ier et son empire pour les classes de Quatrième ou de lycée. Le médium n’est sans doute pas l’entrée didactique la plus pertinente pour l’étude d’une période complexe, qu’il faut traiter en un temps limité.

Nous centrerons donc notre propos sur des exemples pédagogiques pour la fin du cycle 3, certains sont adaptables pour la classe de Quatrième.

Le tome 9 de L’Histoire de France en BD, Napoléon et l’Empire de Dominique Joly et Bruno Heitz, aux éditions Casterman est l’ouvrage qui se prête, selon nous, le mieux à un travail de ce type avec des élèves.

L'Histoire-de-France-en-BD---Napoléon-et-l'Empire---Couv

La bande dessinée retrace la vie de Napoléon Bonaparte, de sa jeunesse en Corse à sa mort en exil sur l’île de Sainte-Hélène. L’album suit la chronologie des événements, de la formation à l’école militaire de Brienne aux exils sur les îles d’Elbe et de Sainte-Hélène, en passant par les campagnes d’Italie et d’Egypte, le Consulat puis l’Empire jusqu’à Waterloo. En fin d’album, les douze pages documentaires proposent divers éléments ludiques et informatifs tels que jeux des 7 erreurs, portraits de famille, encadrés chronologiques illustrés sur la vie de l’Empereur, les principales découvertes et inventions de l’époque (crayon Conté, extraction du sucre à partir de la pulpe de betterave ou la pierre de Rosette qui permit la compréhension des hiéroglyphes), ainsi que les lieux où trouver Napoléon de nos jours.

La collection « L’Histoire de France en BD » allie un traitement sérieux de faits historiques à des exercices ludiques en complément de la BD. On y reconnait le style rond de Bruno Heitz, auteur reconnu d’ouvrages pour la jeunesse. Il est ici associé à l’historienne et pédagogue Dominique Joly. L’ouvrage permet aux plus jeunes de mieux comprendre l’ascension politique de Bonaparte, ses succès militaires et son importance pour affirmer les acquis de la révolution. Il replace intelligemment l’homme, Premier consul puis empereur, dans son contexte historique. Ce sujet et son traitement sont en adéquation avec le programme du cycle 3 du primaire (CE1, CM1 et CM2). Est par exemple évoqué la question de l’esclavage et de son abolition dans les Antilles et particulièrement à Saint-Domingue, libéré par Toussaint Louverture.

Nous proposons l’étude de deux passages de la bande dessinée, en classe ou en partie à la maison, pour travailler sur deux aspects importants de l’époque napoléonienne :

  • Les ruptures politiques, sociales, économiques et culturelles du Premier empire de la page 12 à la page 17
  • Napoléon maitre de l’Europe par la guerre de la page 22 à la page 28

De la page 12 à la page 17, en six pages, les auteurs dressent une liste non rébarbative et non exhaustive des changements sociaux et culturels qui sont en œuvre dans les premières années de l’Empire.

Nous proposons donc aux élèves de lire ces six pages, avec eux pour expliciter certains termes peu usités par des enfants d’une dizaine d’années, avant de répondre à un questionnaire et de rédiger une courte trace écrite sur le sujet.

L'Histoire-de-France-en-BD---p12

Réponds aux questions suivantes après avoir lu les pages 12 à 17 de la bande dessinée : L’Histoire de France en BD, Napoléon et l’empire

  • Quelle est la grande qualité de Napoléon soulignée au haut de la page 12 ?
  • Comment réconcilie-t-il les Français entre eux après 15 ans de Révolution ?
  • Qu’est-ce que le Code Civil ? En quoi est-il très important ?
  • Qui sont les « Empereurs au petit pied » ? existent-t-ils encore aujourd’hui ?
  • Pourquoi dit-on que la France a une organisation centralisée ?
  • Qu’est ce qui est créé dans le domaine de l’éducation ? Qui est exclu de ce système éducatif ?
  • Comment Napoléon réforme-t-il l’économie de la France ?
  • Création de la B….. de France
  • Création d’une nouvelle monnaie, le F…. Germinal
  • Les impôts rentrent mieux avec la création des R……… – Percepteurs
  • Les impôts sur la propriété sont plus justes avec l’établissement d’un C……. par des géomètres
  • Le B…… de l’Etat est en équilibre
  • Quels sont les grands travaux que lancent Napoléon Ier ?
  • Des grandes routes sont tracées notamment à travers les A…. vers l’Italie, percement de T……..
  • Des C……. sont mis en chantier
  • On construit des P… sur les grands fleuves
  • Est créée la ville de La –R…… sur Y…. en Vendée
  • La ville de Lyon est embellie par l’aménagement de la place B….. et celle de Bordeaux par la construction du P….. de P…….
  • Quel aspect négatif du régime est souligné à la page 16 ? Quelle liberté est fortement réduite ?
  • Comment s’appelle le contrôle des journaux ?
  • Quels écrivains sont mis à l’écart ?
  • Comment s’appelle la glorification de Napoléon et de son régime par la presse et les arts ?
  • Cite deux tableaux du peintre David qui glorifient le régime.
  • En conclusion, dresse le bilan des changements apportés par Napoléon dans la vie des Français.

L'Histoire-de-France-en-BD---p13

On ne peut étudier l’époque napoléonienne en occultant les conquêtes militaires et la gloire de la Grande armée. De la page 22 à la page 28, les auteurs réussissent le tour de force d’évoquer, en sept pages ; les soldats et leur équipement, la tactique et la stratégie de l’empereur, des batailles célèbres, la guerre en mer et le blocus continental, l’invention du terme de guérilla en Espagne avant de conclure par une carte sur l’Europe française en 1812.

Nous proposons donc aux élèves de lire ces sept pages, avec eux pour faire vivre l’épopée napoléonienne, avant de répondre à un questionnaire et de rédiger une courte trace écrite sur le sujet.

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Réponds aux questions suivantes après avoir lu les pages 22 à 28 de la bande dessinée : L’Histoire de France en BD, Napoléon et l’empire :

  • Quel est le surnom de Napoléon auprès de ses soldats ?
  • Quel est le surnom des soldats français à l’époque ?
  • Pourquoi les soldats suivent Napoléon dans toutes ces campagnes ?
  • Comment s’appelle le meilleur régiment de l’armée ?
  • Décris l’uniforme des chasseurs à cheval de la Garde ?
  • Quel est le grade des officiers qui travaillent avec l’empereur ?
  • Explique la stratégie de l’empereur.
  • Cite quatre victoires évoquées à la page 24
  • Quelle est le dernier ennemi de la France en Europe ?
  • Quels sont les deux moyens de le combattre :
  • Par le B…..   C……….…. pour asphyxier son économie
  • Sur mer, avec l’aide des C…….. qui peuvent s’attaquer aux navires ennemis ; le plus célèbre est S……..
  • En quoi le blocus est-il une arme dangereuse ? Dans quels pays Napoléon est-il obligé de mener la guerre ?
  • Quel ennemi affronte les soldats en Espagne ?
  • Pourquoi Napoléon divorce-t-il de Joséphine en 1810 ?
  • Explique comment Napoléon a pu conquérir l’Europe entière et comment il la dirige à partir de la carte dessinée page 28.

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On peut utiliser certaines des douze pages documentaires en fin d’album pour finaliser l’étude de cette période charnière. Celles concernant les découvertes et inventions : métier à filer, métier à tisser, le crayon Conté, la betterave sucrière, la découverte de l’électricité permettent d’aborder des sujets que l’élève retrouvera quand il étudiera la révolution industrielle du XIXe siècle.

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D’autres bandes dessinées sur Napoléon et l’Empire peuvent se prêter à une étude en cours ou intéresser les élèves pour une lecture loisir, voire un enseignant féru de bandes dessinées historiques, et ils sont nombreux sur notre site.

C’est pourquoi nous vous fournissons une bibliographie sur le sujet, non-exhaustive, forcément non-exhaustive, au vu du nombre d’ouvrages de tous genres sur l’Empereur.

Vers la dernière partie du dossier

Juil 23, 2015

Napoléon et le Premier Empire dans les programmes officiels d’histoire

 

Origines de notre démocratie et de notre vie politique mouvementée, la Révolution et l’Empire sont inscrits aux programmes d’histoire des classes du primaire et du secondaire depuis les débuts de l’école républicaine, obligatoire, gratuite et laïque.

D’après les programmes officiels d’histoire, l’élève aborde la figure de Napoléon Ier et de son empire à trois moments de sa scolarité.

napoléon-de-heitz-détouré

Tout d’abord en cycle 3, CM 2, le programme indique que le professeur des écoles doit traiter au premier trimestre : Napoléon : la fin de la Révolution, une dictature en guerre contre l’Europe.

Tous les élèves croisent de nouveau le petit caporal en cycle 4, classe de quatrième dans le cours sur la Révolution et l’Empire. Celui-ci est divisé en trois thèmes :

  • Thème I : Les temps forts de la Révolution, les deux derniers temps forts concernent le natif d’Ajaccio, 1799 -1804, du consulat à l’Empire puis, 1804 -1815, Napoléon Ier, empereur des Français
  • Thème II : Les fondations d’une France nouvelle pendant la Révolution et l’Empire, avec l’étude des fondations politiques, économiques sociales et culturelles d’une France nouvelle, l’enseignant bâtit son cours sur une étude de cas, par exemple, la Révolution, l’Empire et les religions ou la Révolution, l’Empire et les guerres.
  • Thème III, la France et l’Europe en 1815, après le congrès de Vienne

A la fin de la classe de troisième, les adolescents qui poursuivent leurs études, fréquentent des lycées généraux, technologiques ou professionnels. Quelle que soit la filière choisie, ils sont de nouveau confrontés dans leurs cours d’histoire, en classe de Seconde, à cette période charnière, lors de laquelle les principes révolutionnaires s’affermissent. Les programmes du ministère précisent qu’il faut obligatoirement étudier la Révolution française comme affirmation d’un nouvel univers politique avec des grands axes problématiques comme la profondeur de la rupture révolutionnaire, ruptures politiques, sociales, économiques et culturelles qui deviennent irrémédiables quand Napoléon Bonaparte est au pouvoir.

Vers la deuxième partie du dossier

Juil 23, 2015

Les textes officiels du ministère indiquent : « L’enseignement de l’histoire des arts est obligatoire pour tous les élèves de l’école primaire, du collège et du lycée (voies générale, technologique et professionnelle). C’est un enseignement fondé sur une approche pluridisciplinaire des œuvres d’art qui permet aux élèves de maîtriser les repères historiques et culturels indispensables pour comprendre les œuvres et enrichir leur pratique artistique. » Au collège, c’est la première épreuve du brevet que passent les élèves.

Prix Pulitzer, œuvre reconnue mondialement, Maus s’inscrit naturellement dans la formation artistique et culturelle des jeunes, dans les programmes disciplinaires de troisième et plus particulièrement dans les dispositions de l’histoire des arts en classe de troisième. L’œuvre d’Art Spiegelman permet d’aborder :
– Une période historique : Le XXème siècle et plus particulièrement la Seconde Guerre mondiale
– Un domaine artistique : Les arts visuels avec le médium bande dessinée
– Une thématique du programme : « Arts, Etats et pouvoir » mais aussi la piste d’étude « L’œuvre d’art et la mémoire : mémoire de l’individu, inscription dans l’histoire collective ».

Maus est une chronique familiale particulière puisque l’auteur a recueilli les souvenirs d’un survivant de l’Holocauste, du génocide juif, son propre père Vladek. Le récit alterne deux époques, les années 1970-1980 (où Art Spiegelman à New York interroge un père parfois acariâtre) et les années 1930 jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (l’histoire de ses parents en Pologne libre, puis leur vie dans le ghetto et au camp d’extermination d’Auschwitz). Maus est un récit sobre, simple, qui a su trouver la distance adéquate pour décrire le génocide de juifs d’Europe centrale.

La chronique familiale d’Art Spiegelman, est une œuvre humaniste dans laquelle le fait que les personnages soient des animaux, Juif en souris, Allemand en chat ou Polonais en cochon, n’est que secondaire. Malgré cette simplification, nous ne sommes jamais dans le cliché. Nous revivons les petites débrouilles pour survivre du père du narrateur, de ces petits événements qui s’enracinent dans la grande histoire.

Le pédagogue connecté trouve plusieurs ressources en ligne pour l’aider dans son approche de l’œuvre avec des élèves en histoire des arts :

Nous vous proposons trois exercices pour approcher dans le même temps les dimensions historiques et artistiques de la bande dessinée d’Art Spiegelman. Ces questionnements prennent appui sur des images.

Tout d’abord, l’élève questionne l’image que l’on trouve au début du tome 2, elle introduit le premier chapitre.

L’enseignant demande de relever tous les éléments symbolisant la déportation.

Ils sont nombreux : miradors, barbelés, clôture en arrière-plan, triangle, numéro de déportés, uniforme rayé, titre en forme de mot-valise « Mauschwitz », nuit, mine sombre du personnage représenté.

Autre exercice simple, à partir des pages 82 -83 du premier volume, édité en 1987, demander ce qu’il se passe le 1er janvier 1942 à Sosnowiec, puis chercher la définition du lieu où réside le narrateur.

Les élèves comprennent par la mise en image d’un artiste, ce qu’est un ghetto et la violence quotidienne subie par la population juive polonaise.

Enfin, les pages 70-71 du volume II, avec un léger montage, permettent aux élèves de visualiser de l’intérieur une chambre à gaz et de s’imprégner des derniers instants des déportés qui y sont morts.

On peut leur demander de décrire les étapes de la mise à mort puis de les faire s’interroger sur l’absence de personnages dans les deux planches. Ils comprendront alors que Vladek, en tant que témoin survivant, n’est pas passé par ces lieux, et qu’il décrit ce que lui raconte un autre déporté.

 

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Juin 03, 2015

 

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Juin 03, 2015
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