Author Archives Philippe Peter

empereursmith3bis

© 2015 DARGAUD / GOSCINNY – MORRIS

Si la bande dessinée a globalement été très accommodante avec le Petit Caporal, le personnage était, de par sa renommée, naturellement destiné à faire l’objet de caricatures et de pastiches. René Goscinny s’en est ainsi inspiré à deux reprises : à travers un long clin d’œil dans Astérix en Corse, puis abondamment dans L’Empereur Smith. (suite…)

Juil 23, 2015
singe1

© Lupano/Moreau/Delcourt

Cet article de Valerio Stivé a précédemment été publié sur le site de notre partenaire

Fumettologica

La fable du singe de Hartlepool est un récit traditionnel britannique, une légende bizarre selon laquelle, durant les guerres napoléoniennes, dans la petite ville de Hartlepool (située en bord de mer, au nord-est de l’Angleterre, également connue pour être la ville natale de l’auteur de bande dessinée Reg Smythe, créateur du personnage d’Andy Capp), la population locale a pendu un singe. L’animal avait été découvert par un pêcheur quelques temps auparavant, revêtu d’un uniforme français, sur un navire à la dérive. Pourquoi prendre la peine de juger un animal a priori innocent et traditionnellement perçu comme plutôt sympathique ? Simplement par ignorance, pardi ! Comme le racontent Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau dans leur album, en ce début de XIXe siècle, les habitants d’Hartlepool ont tout simplement pris le singe pour un soldat français ; et pour donner une bonne leçon à leur ennemi, ils l’ont pendu. Difficile aujourd’hui de savoir si cette histoire est authentique.

singe3

© Lupano/Moreau/Delcourt

Le livre de Lupano et Moreau, publié en France en septembre 2012, revisite cette légende populaire en lui donnant la tonalité d’une fable moderne. Ils usent de la farce typique d’une certaine illustration jeunesse classique ou du cartoon, plus que de la bande dessinée. Il faut dire que Jérémie Moreau a aussi travaillé dans le monde de l’animation… L’histoire débute en mer, entre des marins violents et un mousse débutant, sur le pont d’un navire français qui s’apprête à traverser une violente tempête. Elle se déplace ensuite à Hartlepool, mettant en scène la réalité d’une population apeurée et bigote, mais aussi le quotidien d’un groupe d’enfants du village. Lorsqu’ils le découvrent sur la plage, ces derniers ne font pas de différences entre eux et le mousse, survivant du naufrage. Les adultes, en revanche, s’en prennent immédiatement à l’autre rescapé de l’embarcation française : un singe.

singe4

© Lupano/Moreau/Delcourt

La parabole du Singe de Hartlepool utilise un récit du passé pour faire passer une morale moderne. Elle montre l’absurdité de voir des différences entre les peuples et les individus, parfois seulement séparés par un bras de mer. En réalité, si l’on tient compte du contexte dans lequel s’inscrit cette histoire, ce discours antiraciste, même s’il est juste, semble un peu forcé. Par-dessus tout, l’incompréhensible pendaison d’un singe que l’on a pris pour un Français, même si elle est avant tout le fruit de l’ignorance des habitants, semble être la conséquence non pas de leur racisme, mais bel et bien de la peur d’une invasion et de la guerre. Rappelons que le récit se déroule durant les guerres napoléoniennes (1803-1815). Pour les états voisins, la France est un pays qui vient de sortir d’une période de révolte populaire violente (la Révolution française) ; elle est alors gouvernée par Napoléon, au sommet de sa puissance. Par-dessus tout, pour l’Angleterre, la France constitue un ennemi qui menace de l’envahir, ce qui explique qu’elle reste en guerre avec elle.

singe5

© Lupano/Moreau/Delcourt

La bande dessinée est illustrée par un dessin au trait fin, qui rend les personnages dynamiques et déformés, vifs et allégoriques ; un trait caricatural qui souligne le caractère particulièrement bizarre de cette histoire. Les couleurs, sombres et intenses, rappellent celles des tableaux du XIXe siècle. Peu de place est laissée à la lumière, tandis que les variations de tons sont légères, ce qui crée des images denses, parfois enveloppées d’une belle patine.

Le Singe de Hartlepool. Wilfrid Lupano (scénario). Jérémie Moreau (dessin et couleurs). Delcourt. 92 pages. 16,95 €

singe2

© Lupano/Moreau/Delcourt

Juil 23, 2015
napoléon1

© Hasegawa/Kami

Les mangakas font preuve d’un grand intérêt pour l’histoire européenne. Même si leur sérieux peut parfois être remis en question, les nombreux shōnen et seinen à caractère historique sont là pour le prouver. Napoléon ne fait pas exception à la règle, avec une série signée Tetsuya Hasegawa. (suite…)

Juil 23, 2015
bataille3

© 2015 Richaud – Rambaud – Gil / Dupuis

Dans son roman La Bataille, Patrick Rambaud est parvenu à décrire dans son intégralité le déroulement d’une bataille napoléonienne, en l’occurrence celle d’Essling. Du 20 au 22 mai 1809, cette terrible confrontation avait mis face à face les armées de l’Empire français et de l’Empire d’Autriche. Bilan : 10.000 morts et 35.000 blessés, pour un sanglant statu quo stratégique qui avait débouché, quelques semaines plus tard, sur une victoire française décisive à Wagram. Ce tour de force littéraire a valu à Patrick Rambaud le prix Goncourt, en 1997. Quinze ans plus tard, le scénariste Frédéric Richaud et le dessinateur Ivan Gil ont fait de ce pavé magnétique une bande dessinée fascinante – prix Historia 2014 de la meilleure BD historique – dont l’édition intégrale vient de sortir chez Dupuis, à l’occasion du bicentenaire de la bataille de Waterloo. Au récit cru s’ajoute une mise en images évocatrice, dans un fracas de corps et d’armes particulièrement immersif. Cerise sur le gâteau : les auteurs ne cèdent jamais aux sirènes de la béate adoration ; et réalisent l’une des seules bandes dessinées un tant soit peu objectives sur le soldat Napoléon. Rencontre avec Frédéric Richaud, qui décrit Napoléon comme le « chef d’orchestre d’une symphonie épouvantable qui, paradoxalement, ne manque pas de grandeur ». (suite…)

Juil 23, 2015
© Spiegelman/Flammarion

© Spiegelman/Flammarion

Devant la pléthore de bandes dessinées historiques qui envahissent chaque mois les librairies, il est de plus en plus difficile pour un album de sortir du lot. La couverture se doit donc d’être la plus accrocheuse possible. Quitte à avoir recours à une symbolique aussi efficace que réductrice, telle que la croix gammée. (suite…)

Juin 03, 2015
couvsoleil

© Brugeas/Toulhoat/Akileos

Et si Hitler avait gagné la guerre ? Ou inversement : et si l’armée française avait enrayé la Blitzkrieg à l’ouest ? A moins de modifier le cours du temps, ces questions ne trouveront jamais de réponse scientifique. La bande dessinée permet, en revanche, de mettre en scène ces versions alternatives de l’Histoire. Et d’assouvir au passage quelques fantasmes. (suite…)

Juin 03, 2015

couvthorgal10

Si les femmes ont toujours été présentes dans la bande dessinée, elles y ont longtemps joué les seconds rôles, admiratives de leurs héroïques compagnons masculins. À partir des années 60, les premiers personnages principaux féminins font leur apparition, dans la douleur, avant de finalement s’imposer avec la lente évolution des mentalités. (suite…)

Avr 18, 2015
Page 2 sur 212