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Le héros-type du western, le cow-boy solitaire, est un homme blanc, jeune, fort et vigoureux. Au fond, les héros des grandes séries de bande dessinée se ressemblent tous, de Blueberry à Lucky Luke en passant par Tex Willer ou leurs avatars récents tels Lincoln, Gus ou même, sous son visage défiguré, Jonah Hex. Pourtant, l’Ouest américain s’est construit sur le métissage.

(suite…)

Juil 21, 2016

blueberryV3A partir de Lucky Luke, et en passant par Blueberry et Buddy Longway, le western en bande dessinée va connaître une période faste. Tour d’horizon de cette âge d’or qui a vu naître des héros mythiques. (suite…)

Juin 30, 2016

Dès 1948, bien avant le western spaghetti, l’Italie s’intéresse aux histoires de cow-boys en mettant sur le marché une série publiée en petits volumes peu coûteux. As de la gâchette, intrépide, courageux, indépendant, Tex s’impose comme un classique du genre encore édité 70 ans après ses débuts. Pour parler du phénomène, nous avons interrogé Matteo Stefanelli, sociologue des médias (Univ. Cattolica de Milan) et critique qui anime activement, en Italie, le débat culturel sur la BD. Il a en outre codirigé la première histoire générale de la BD italienne (Fumetto!, chez Rizzoli en 2012), plusieurs textes historiques ou théoriques, et dirige le site Fumettologica.

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Le prochain épisode de Tex, dans les bacs le 14 juillet 2016.

Cases d’Histoire : Quand et comment est né Tex ?

Matteo Stefanelli : Le premier album est sorti le 30 septembre 1948. Il s’agissait d’un des deux projets – les deux proposés au dessinateur Galep (Aurelio Galleppini) – avec lesquels le scénariste Gianluigi Bonelli prévoyait de « faire des étincelles ». Le premier était un bimensuel grand format, très beau graphiquement et plus cher que les autres : une sorte d’épopée en costume à la Dumas, dont le personnage principal était une sorte de Robin des Bois avec masque et cape, Occhio Cupo [Oeil sombre]. Cette série ne dura que 12 numéros. Le succès viendra en revanche avec le projet considéré comme plus simple et commercial, conçu pour le format « strip » (32 pages) moins cher, situé dans l’Ouest désormais « classique » inspiré par le cinéma américain: Tex. Un détail, utile pour comprendre la mise en place du personnage, un maverick hors-la-loi, très direct et expéditif : durant le traitement, son nom passa de Tex Killer à Tex Willer.

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1948. Premières cases de la première aventure de Tex.

Comment résumer la série ?

Il s’agit d’un western d’aventure, qui repose surtout sur des voyages, des rencontres et des duels (de nombreux duels), parfois accompagnés d’enquêtes. Mais rapidement, la série a inclus également des ingrédients plus strictement issus du western : éléments fantastiques (Mefisto, l’ennemi juré de Tex est un sorcier), avec intrusion dans l’horreur et même la science-fiction. Le western « texien » est certes classique, mais pas exactement « pur », plutôt « poreux ».

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Les scénario « texiens » s’aventurent quelquefois dans des directions surprenantes qui mêlent western et littérature horrifique du début du XXe siècle comme cette histoire qui évoque, graphiquement, l’univers associé au docteur Fu Manchu.

Comment caractériser le personnage de Tex Willer ?

Très brièvement, Tex Willer est un ranger à la gâchette infaillible. Au début, le personnage oscille entre deux positions : celle d’une personne recherchée (c’est le cas dans le premier épisode, même si c’est en raison d’une erreur judiciaire), ou celle d’un représentant de la loi. Bien qu’il soit texan de naissance, il a combattu pour le Nord pendant la Guerre de sécession, et aux côtés de son ami Montales dans la lutte des républicains mexicains contre les troupes françaises. Dans les années 60 le passé de Tex se dévoile : jeune cow-boy il gérait un ranch avec sa famille, mais quand son père est tué par des bandits, il jure de se venger et part à l’aventure ; il devient ranger, mais très libre et sans encadrement officiel. Dans ses aventures il affronte des bandits, des propriétaires terriens sans scrupules, des politiciens corrompus, des militaires ambitieux, des indiens en révolte. En substance, Tex est le défenseur des faibles et des opprimés. C’est un homme droit, infaillible avec une arme, qui n’hésite jamais et conserve toujours son sang froid.

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Tex Killer qui deviendra Tex Willer, un as de la gâchette, roi des duels

Est-ce que l’influence du cinéma américain est aussi forte que pour les débuts de Lucky Luke en France ?

Tout à fait. Les modèles et influences de GL Bonelli provenaient de trois fronts : d’une part, les westerns (John Ford, Howard Hawks, Delmer Daves, John Sturges…), d’autre part les romans d’aventure de Jack London, et enfin les romans policiers de Mickey Spillane (avec des allusions directes à ses personnages). Pour le visage de Tex Willer, GL Bonelli pensait à Gary Cooper ; mais Galep le dessina quasiment comme un autoportrait. Claudio Villa, qui lui succède pour réaliser les couvertures de la série, s’inspire pour sa part de John Wayne. Parmi les autres sources américaines il y a certainement beaucoup de films avec John Wayne et Tom Mix, ainsi qu’une bande dessinée italienne (mais profondément influencée par l’imaginaire et le style américains) comme Dick Fulmine.

Est-ce que Tex développe une vision progressiste ou humaniste des minorités de la conquête de l’Ouest ?

En gros, oui. Bien qu’au début Indiens, noirs (ou Chinois) sont représentés de manière caricaturale, Tex a toujours été fortement antiraciste et ami des Indiens. D’ailleurs, après une relation initiale orageuse, il tombe amoureux d’une Indienne navajo qu’il épouse, et qui l’aide à connaitre et à apprécier la culture des « Peaux-Rouges ». Pour les Navajos, il devient même une référence, surnommé Aigle de la nuit, sage chef blanc et frère de chaque homme rouge.

Quelle est l’importance du contexte et de la réalité historique dans la série ?

La réalité historique a une importance secondaire. On le voit dans la grande hybridation entre les genres narratifs, et l’existence d’éléments fantastiques (magie, surnaturel, et même science-fiction) dans l’aventure « texienne ». L’Histoire américaine est souvent présente de manière romancée, avec des épisodes qui contiennent d’importantes figures historiques (de Geronimo à Buffalo Bill), sans toutefois trop insister sur les données factuelles et en laissant suffisamment d’espace pour les incohérences. Le principal élément réaliste concerne les ambiances et le scénario global. Les aventures de Tex se déroulent dans des régions bien définies de l’Ouest américain : le Texas, le Nouveau Mexique et surtout l’Arizona, représentés avec un certain soin de la part des dessinateurs pour la documentation (photographique ou cinématographique), en particulier pour la région de Monument Valley. La période historique est relativement délimitée : il s’agit de l’époque de la Guerre de Sécession. Même si elle semble encore en cours dans les premiers épisodes, elle disparait dans les épisodes suivants. La série traverse toute l’Histoire de l’Ouest américain, de la Ruée vers l’or jusqu’à la Guerre civile, des premiers pionniers à l’extermination des Amérindiens, jusqu’à l’urbanisation générale des États-Unis.

En mariant Tex avec une Indienne navajo, les auteurs de la série vont dans le sens de l’Histoire. Dès les années 60, les peuples amérindiens retrouvent une personnalité qui leur avait été niée depuis les débuts de la colonisation.

Est-ce que l’humour a sa place dans la série ?

De façon générale, la série se situe à l’opposé d’un récit humoristique : Tex Willer est un personnage « d’un seul bloc », qui prend très au sérieux ses propres actions, et manque d’autodérision. Le registre narratif est donc celui du réalisme. Dans les échanges entre les héros et leurs adversaires, ou à l’intérieur du groupe d’amis et de compagnons de Tex, les blagues sont présentes, mais sous la forme d’une ironie substantiellement fanfaronne, de vrais hommes « durs ». Cependant, l’ami le plus proche de Tex, Kit Carson, est un personnage qui fait souvent usage de sarcasme et d’ironie, parfois même contre Tex. Carson n’est pas un personnage de comédie mais peut avoir une part comique dans certains épisodes.

Quelle est l’importance de Tex dans le lancement des éditions Bonelli et dans le paysage actuel des fumetti ?

Il s’agit, tout simplement, de la série qui a permis à une petite société familiale de devenir la plus grande maison d’édition de bande dessinée en Italie. En 2016, la série mensuelle (la série ‘nouveauté’, différente des collections qui rééditent, en noir et blanc ou en couleurs, les mêmes épisodes) est encore la BD la plus vendue en Italie, avec environ 180.000 exemplaires chaque mois. Son importance symbolique est la même que celle des « icones nationales » francophones comme Spirou, Tintin, Astérix. Tex est toujours cité dans les médias ou par le grand public comme représentant par antonomase du western, de la BD elle-même, ou également pour indiquer un héros « droit » (ou un tough guy). L’ancrage dans le western a préservé et en même temps pénalisé Tex, qui d’un côté est considéré comme série « amiral » du marché (le prix par planche, pour un dessinateur, est le plus élevé toute production confondue de séries BD en Italie, et parmi le plus élevé au monde), mais de l’autre subit un processus de vieillissement du lectorat, de moins en moins intéressé par le western « canonique ». En plus, Tex, comme tout produit Bonelli, n’a jamais bénéficié d’une politique de licensing et d’adaptation, dont l’éditeur Sergio Bonelli (un rare éditeur « pur » de bande dessinée en Italie) a été un fervent adversaire jusqu’à son décès en 2011.

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Le site de l’éditeur historique de Tex avec les dernières publications de la série, toujours en cours.

 Quelle est l’importance du western dans la bande dessinée italienne ?

Parmi les principaux marchés du 9e art, l’Italie est peut-être celui pour lequel le western a le plus de poids, grâce à sa réutilisation dans le cinéma et dans la bande dessinée. Dans ce dernier domaine, en Italie, le western s’est surtout développé dans l’après-Seconde Guerre mondiale. L’élan est venu de la diffusion de la culture américaine à la Libération, guidée essentiellement par les alliés (derrière les américains) anti-nazis et anti-fascistes. La propagande a contribué à faire de l’imaginaire américain – en premier lieu le cinéma et la bande dessinée – le nouveau centre de gravité de l’industrie culturelle italienne. Précédé par Kit Carson de Rino Albertarelli (apparu dans Le journal de Mickey en 1937), le succès de Tex sera suivi par Piccolo Sceriffo (1948), Pecos Bill (1949), Capitan Miki (1951), Il Grande Blek (1954) [Blek le Roc], Il Piccolo Ranger (1958). La veine plus optimiste a même viré vers l’humour dans les années 50 (Pedrito el Drito, 1951 ; Cocco Bill, 1957) mais s’est réduite avec l’arrivée des films de Sergio Leone (par exemple avec le ton presque documentaire de La Storia del West, 1967) jusqu’à atteindre des hauteurs poétiques avec le western humaniste de Ken Parker (1974) et en venir à mélanger histoire et fantastique dans Magico Vento (1997) [Esprit du Vent].

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Matteo Stefanelli.

Toutes les images : (c) Editions Sergio Bonelli

Juin 28, 2016

CMcouvPourtant personnage la plupart du temps très secondaire, la figure du croque-mort fait les beaux jours des aventures de Lucky Luke depuis le début de la série. Avec un degré de sympathie inversement proportionnel à son importante fonction sociale. Tout récemment, ce personnage est revenu sur le devant de la scène avec deux séries où le héros a pour profession d’enterrer les morts. Stern et Undertaker renouvèlent ainsi la vision du croque-mort et redonnent du lustre à une profession mal aimée. (suite…)

Juin 28, 2016
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© Santiago/B-gnet/Vraoum

Le western a été abondement abordé en bande dessinée, que ce soit sous la forme de récits réalistes ou avec une approche plus humoristique. Il a connu son âge d’or dans les années 60 et 70, à une époque où ses auteurs – biberonnés aux films de cow-boys et d’Indiens – se lançaient dans ce qui n’était pas encore appelé le 9e art. Mais, au-delà des clichés et des poncifs, qu’est concrètement un western ? Quelle période de l’Histoire couvre cette appellation qui, après le cinéma, a été utilisée par d’autres arts visuels ou littéraires ? C’est ce que nous essayerons d’établir dans cet article panorama. (suite…)

Juin 06, 2016

Les albums de bandes dessinées sur Rome comme leurs cousins cinématographiques , les péplums, sans scène d’orgie sont rares. Pour le spectateur/lecteur, avec les jeux du cirque, l’orgie marque l’époque. Mais elle la définit en creux sans vraiment savoir pourquoi de telles scènes font partie de notre « imaginaire romain ». Peintres, graveurs, affichistes, illustrateurs ont depuis quatre siècles, au moins, produit une iconographie orgiaque riche et variée qui reflète à la fois la vision qu’ils ont du monde romain et un flirt transgressif avec la morale qui varie suivant les moments.

L’orgie antique

L’orgie contrairement au lieu commun n’est pas un banquet durant lequel tout est permis, durant lequel toute les barrières morales sautent. Très codifiées, ces cérémonies sont, à l’origine, des moments sacrés. Mircea Eliade les associe au début de l’agriculture, il les décrit comme des fêtes célébrant la régénération du cosmos qui donne aux hommes chaque année de nouvelles récoltes. Les Grecs les organisaient en l’honneur de Dionysos, les Romains de Bacchus mais le vin tenant une grande place dans ces mystères les débordements étaient courants et les Bacchanales n’avaient pas bonne réputation. Très loin des principes originels de ces cérémonies, les images de repas débridés, aux jeux sexuels sans limites s’imposent pour symboliser l’Empire romain et sa pseudo décadence.

Une certaine vision de la décadence romaine, l’orgie ou le début de la fin de l’Empire

Certains auteurs romains comme Suétone ont raconté l’histoire des débuts de l’Empire en insistant sur les travers et les excès des César du premier siècle. Ces écrits, et d’autres, façonneront la vision de l’empire pendant des siècles. Ils serviront les thèses défendues par les promoteurs d’une décadence morale qui ne pouvait qu’entrainer la fin de l’Empire. L’image d’un pouvoir décadent s’est ensuite installé avec les premiers pères de l’Eglise soucieux de démarquer la morale chrétienne de celle supposée plus relâchée des Romains. Néron et ses turpitudes arrivent souvent en première place des relectures chrétiennes. Il faut aussi noter que seules les élites politiques, économiques ou militaires sont concernées. Le peuple des villes ou des campagnes ne semblent pas être adeptes des orgies, il peut en être victime quand des jeunes hommes ou des jeunes femmes sont capturés pour servir le plaisir des maitres de céans.

Pendant très longtemps, l’intérêt pour l’histoire de Rome suit trois axes : les écrivains latins qui ont été redécouverts, avec les penseurs grecs à la Renaissance ; une peur/fascination de la décadence qui pourrait advenir aux systèmes politiques européens et enfin, l’attirance pour l’art antique qui a traversé le temps notamment dans de grandes collections royales et pontificale, art antique considéré comme le canon de la beauté et enfin

La découverte du roman picaresque de Pétrone « Satyricon » à la fin du XVe siècle qui raconte dans une langue vivante et imagée les aventures sexuelles de plusieurs jeunes hommes redonne un coup de fouet à la vision décadente d’un empire en proie au vice. Une des parties du roman se déroule lors d’un festin fabuleux donné par Trimalcion. Ces scènes vont fixer pour longtemps l’image de l’orgie. Les relations homosexuelles des jeunes hommes, héros du récit, ne sont pas vraiment en phase avec la conception chrétienne de la sexualité. S’ajoute à ces fantasmagories littéraires, les découvertes au XVIIIe siècle, des fresques érotiques de Pompéi et de nombreux objets ou sculptures à motifs sexuels retrouvés dans les collections, les cabinets de curiosités ou lors des fouilles qui s’intensifient à partir du XVIIe siècle. Tout cela concourt à faire de Rome un gigantesque lupanar.

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Fresque érotique découverte à Pompéi.
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Représentation du Dieu Pan. On connait aussi beaucoup d’image de satyres arborant un sexe de taille imposante. On est loin de l’image de la divinité chrétienne telle que l’impose la catholicisme.

 

Deux livres du XVIIIe siècle l’incarnent. Decline and Fall of the Roman Empire de Edward Gibbons publié entre 1776 et 1788, il sera publié en France en 1812, et le livre de Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence publié en 1734 qui inspira probablement Gibbons. Si les « déviances morales » des Romains ne sont pas complètement au centre de ces livres importants, les écrivains et les intellectuels qui les ont utilisés, se sont souvent arrêtés au titre pour se concentrer sur la notion de décadence sans vraiment se pencher sur ses raisons. Un peuple aussi puissant et socialement avancé que les Romains ne pouvaient qu’avoir été vaincu à cause d’une certaine dissolution des mœurs qui a entrainé tout le reste. Les hypothèses de Gibbons et de Montesquieu ont longtemps prévalu et se sont imposées comme vérités. Elles n’ont été battues en brèche qu’au cours des années des années 60 par de grands historiens comme Henri Irénée Marrou ou Paul Veyne.

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Les peintres ont accompagné ce mouvement. Si les conventions empêchent les scènes pornographiques dans la peinture classique, l’antiquité romaine est peuplée d’hommes et de femmes à demi dénudés, entre érotisme élégant et souvenir d’un Éden perdu comme en témoignent de nombreuses composition de Poussin. Le XIXe siècle va reprendre à son compte cet imaginaire en le théâtralisant plus encore. Le tableau le plus célèbre est celui de Thomas Couture qui dépeint « Les romains de la décadence » en 1847. Ce tableau est codé car l’artiste, républicain militant, s’est représenté habillé sur le côté. Il regarde avec circonspection la scène qui montre comment les Républicains de la Révolution de 1848 représentaient les mœurs politiques de la Monarchie de Juillet. Nous verrons plus loin que les représentations orgiaques servent toujours à caractériser négativement un milieu ou un personnage. Dans un registre plus explicite et moins politique, il ne faut pas oublier Paul Avril qui illustra les Sonnets licencieux de l’Arétin en mettant en scène un archétype de l’Orgie romaine, il y a beaucoup d’autres exemples.

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Les Romains de la décadence de Thomas Couture. © RMN
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Une des illustrations réalisées par Paul Avril pour un Manuel d’érotologie classique (1907). Chaque illustration a pour cadre un moment de l’Histoire antique. L’époque romaine est évidemment représentée par une orgie.

 

Le péplum et l’orgie

Le XXe le cinéma va ajouter encore à cette habitude iconographique. Il est presque impossible de réaliser un péplum sans orgie. Le public le demande et l’attend. Quelques orgies cinématographiques..

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L’orgie romaine réalisée par Louis Feuillade, 1911. Dès le début de péplum, l’orgie est là. La morale est sauve mais le public a tous les éléments pour décrypter ce qu’il voit.
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Le signe de la croix réalisé par Cécil B. DeMille, 1932. L’histoire de Néron a souvent été utilisée au cinéma, à la fois pour sa mise en cause des chrétiens dans l’incendie de Rome et pour ses mœurs dépravées qui offraient aux cinéastes de nombreuses occasions de placer de belles orgies. © DR
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Quo Vadis réalisé par Melvyn LeRoy, 1951. On retrouve Néron et sa Rome décadente. L’aspect sexuel est toujours suggéré, jamais montré.
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Quo Vadis réalisé par Melvyn LeRoy, 1951. Encore un lieu commun de l’orgie : les Romains mangent couchés, ce qui est propice au débordements sexuels et ils mangent n’importe quoi. Goscinny saura détourner le nom d’extravagantes recettes de cuisine romaine pour mener l’orgie où on l’attendait pas : l’humour.

 

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Fellini Satyricon, réalisé par Federico Fellini, 1969. Le roman de Pétrone est revu par le génie de Fellini. Le banquet donné par Trimalcion est un moment visuel impressionnant avec des maquillages, des costumes et des éclairages très loin des coutumes romaines mais très en phase avec les années 60. Interdit au moins de 12 ans, à sa sortie, le film a reçu un excellent accueil critique.
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Caligula réalisé par Tinto Brass, 1979. Le film « raconte » l’histoire de l’empereur Caligula. C’est le pendant cinématographique de la production d’Elvifrance qui place des orgies dans toutes les histoires et dans toutes les situations.
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Caligula réalisé par Tinto Brass, 1979.

 

L’orgie en bande dessinée

Les auteurs de bandes dessinées héritent de ces différentes traditions picturales et intellectuelles. Mais l’objet même de l’orgie, par son côté transgressif, permet à des auteurs de styles et d’envies très différents de s’exprimer.

Trois types d’albums utilisent les orgies.

Les albums humoristiques

Nous ne citerons qu’un exemple car c’est probablement le premier et les références utilisées par les auteurs étonnent. Il s’agit de Astérix chez les Helvètes. Plusieures courtes scènes d’orgies hilarantes ont marqué les lecteurs.

Ces scènes font référence explicitement à certaines scènes du Satyricon de Fellini : même cadrage, même couleurs, même maquillage. Toute la charge érotique a été gommée, Goscinny et Uderzo vont pousser les images et les dialogues le plus loin possible pour faire rire le lecteur et cela finalement dans un seul but : amener les gags qui parsèment l’album basés sur la conception très différentes qu’ont les Helvètes et les Romains de la propreté. Une question se pose cependant : qui parmi les lecteurs d’Astérix en 1970 a vu le film de Fellini interdit aux moins de 12 ans à sa sortie en 1969. Autrement dit qui parmi les lecteurs pouvaient faire le lien entre le cinéma d’avant-garde et la BD populaire. Finalement, le lectorat n’y verra probablement que la confirmation de ce qu’avait dû être l’Empire romain.

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Fellini Satyricon réalisé par Federico Fellini, 1969.
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Astérix chez les Helvètes, René Goscnny et Albert Uderzo, 1970. ©Editions Albert René.
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Astérix chez les Helvètes, René Goscnny et Albert Uderzo, 1970. ©Editions Albert René. Tous les lieux communs de l’orgie sont réunis dans cette planche : sexe suggéré, sado-masochisme avéré (ce qui est étonnant dans un album pour la jeunesse), excès de nourriture, femmes débordantes aguicheuses, danse érotique, excès de vin, plats tellement incroyables qu’ils nous paraissent adaptés à la situation, esclaves à disposition pour le bon plaisir des patriciens romains…. et en plus c’est hilarant.

 

Deuxième série d’albums, les albums érotiques ou pornographiques.  Au même moment qu’Astérix chez les Helvètes, on trouve une grande production, surtout italienne, connue sous le titre français La Vénus de Rome. Les personnages féminins sont principalement Messaline, Poppée ou Fulvia et les anecdotes scénaristiques sont souvent tirées de Suétone…. Ces séries ne sont pas franchement pornographiques bien que les orgies y tiennent souvent une place de choix. Sans elles, la série n’aurait, disons le aucun intérêt.

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Dans les années 80-90 arrivent des nouveaux petits formats, toujours publiés par Elvifrance. Si les références à l’antique sont là, elles sont très loin de Suétone et c’est un délire pornographique qui prédomine. L’orgie n’a plus besoin d’une quelconque justification historique. D’ailleurs, Rome n’est plus le seul décor de ces histoire, toute l’antiquité y passe. L’orgie n’est présente que pour une seule et bonne raison. Peut-on dire que c’est l’aboutissement de l’iconographie orgiaque ? Enfin ! les orgies sont représentées suivant les fantasmes des auteurs et des lecteurs sans être travestie par le bon goût.

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La Guerre des Gaules vue par dessous la ceinture. Les scènes d’orgie n’ont besoin d’aucune justification.

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Dernier type de BD, les albums qu’on pourraient qualifier de « sérieux » en tout cas des albums dont l’histoire n’est pas centrée sur l’orgie mais sur l’époque ou le côté romanesque de ses personnages. Dans tous ces albums, la représentation de l’orgie répond à des critères bien précis : ancrer l’histoire dans l’époque romaine, les clichés ont la vie dure et surtout à caractériser les personnages des histoires.

On remarque encore que ce sont toujours les élites qui organisent ou participent aux orgies. Que ce soit dans Murena ou dans Alix, les gens modestes font le service ou se promènent nus et sont là pour le plaisir des hôtes. C’est très clair dans cette planche de Vae Victis.

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Vae Victis. Simon Rocca et Jean-Yves Mitton. (c) Editions Soleil.

 

On peut considérer que le lecteur est informé très vite par le prisme orgiaque sur les caractères. Un personnage qui refuse l’orgie est forcément droit, ses préoccupations personnelles et morales sont supérieures. C’est le cas d’Alix dans le dernier volume sorti récemment. Alix est inquiet pour Heraklion, il quitte l’orgie organisée par Marc Antoine pout aller voir son pupille. Cette scène sert aussi à qualifier Marc Antoine qui gaspille sont temps et son énergie en fêtes plutôt que de protéger Rome comme César qui guerroie au loin le lui a demandé. Marc Jailloux n’innove pas totalement car Jacques Martin a déjà dessiné des orgies ans d’autres albums avec les mêmes intentions. Il a aussi produit un magnifique dessin vendu aux enchères sur lequel on peut voir tous les jeunes gens sont nus sauf Alix et Enak.

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Par delà le Styx. M. Jailloux, M. Breda, J. Martin. Editions Casterman, 2015. On retrouve peu ou prou, les mêmes motifs que dans Astérix chez les Helvètes mais dans un autre style graphique. Alix ne cherche pas à faire « rigoler ».
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Le festin d’Ostie, Jacques Martin, planche non reprise dans L’Odyssée d’Alix.

Autre exemple de l’utilisation de l’orgie avec Murena. Delaby et Dufaux parviennent à conserver à leurs scènes orgiaques un aspect très érotique presque pornographique pour les versions « adultes » mais ces moments loin d’être gratuits sont insérer dans la trame narrative pour, là encore, caractériser les personnages. En une seule image, on comprend le caractère de Poppée, d’Agrippine ou de Néron. L’efficacité est maximale : ils n’ont aucun sens moral et sont prêts à tout pour satisfaire leur désir et leur plaisir.

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Murena intégrale, J. Dufaux et P. Delaby, Editions Dargaud. Autre orgie dans un style réaliste, très loin de celui de Jacques Martin. Toujours les mêmes scènes et les mêmes détails mais avec un érotisme plus affirmé, et un public peut-être un peu différent. La nudité, certaines postures et la proximité très grande des corps et des personnages renforcent cette impression. Comme Thomas Couture, les auteurs ont placé un personnage, en bas à gauche, Britannicus, qui observe la scène. Par son attitude réfléchie et son abstinence, il s’extrait de la scène et de la société qui l’entoure. Il ne partage pas les valeurs des cette cour de buveurs dépravés. Il le paiera cher. Participer ou non à une orgie, voilà une des lignes qu’un personnage de BD traverse ou pas pour se révéler au lecteur.
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Murena intégrale, J. Dufaux et P. Delaby, Editions Dargaud. La mort de Claude, l’empereur empoisonné par Agrippine. L’orgie devient alors le moment où tous les coups sont permis puisque tout est permis.
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Murena intégrale, J. Dufaux et P. Delaby, Editions Dargaud. Une scène rare dans l’iconographie orgiaque : une scène de théâtre qui permet aux auteurs de montrer une facette encore inconnue d’un personnage.
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Murena intégrale, J. Dufaux et P. Delaby, Editions Dargaud. Cette scène est remarquable par sa construction en miroir, une sorte de champ contre champ cinématographique. C’est le débordement ultime de l’orgie : la mort violente lors d’un combat regardé par des femmes impassible. Comment définir plus efficacement le caractère de Poppée, caressant la panthère de son esclave/mercenaire, qu’en la plaçant à ce moment là et à cet endroit là ? Dans Murena, Jean Dufaux est parvenu à utiliser l’orgie dans une grande variété de moments qui lui permettent à chaque fois de faire avancer le scénario sans fioritures.

 

 

 

 

Avr 01, 2016

Le journal Pif Gadget a été un journal pour la jeunesse qui a beaucoup innové. Mandryka, Mattioli, Kamb, Gotlib ont eu la place pour publier des histoires courtes qui ont dérangé le lectorat traditionnel du magazine. Hugo Pratt a eu l’opportunité de produire de nombreuses histoires de 20 planches qui ont, elles aussi, troublé le […]

Sep 30, 2015
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© Cong S.A. / Rue de Sèvres – Hugo Pratt™ © Cong S.A., Suisse. Tous droits réservés.

 Fanfulla est une histoire particulière dans l’oeuvre de Pratt. Nous ne sommes ni au XXe siècle, ni dans en Amérique au XVIIIe, mais en Italie de la Renaissance. Période de bouleversements culturels, c’est aussi un moment où l’art de la guerre se transforme. Nous avons demander à Pascal Brioist, spécialiste du sujet, de lire Fanfulla et d’analyser le fond historique du récit. Pour une fois, Hugo Pratt, à cause d’un manque de temps, peut être, est pris en défaut sur un grand nombre de détails historiques.

© Cong S.A. / Rue de Sèvres – Hugo Pratt™ © Cong S.A., Suisse. Tous droits réservés.

 

L’œuvre d’Hugo Pratt et de Mino Minali entend se situer après le siège de Rome de 1527 et raconter l’histoire de Fanfulla, un condottiere lansquenet qui offre ses services à la République de Florence, assiégée par les troupes impériales en 1529. La trame narrative utilise la trahison de Malatesta Baglioni, seigneur de Pérouse qui, tout en prétendant servir Florence, avait signé un accord secret avec le Pape et avec les Impériaux. Ce personnage est historiquement sourcé, de même que sa trahison, et la figure de Fanfulla renvoie, elle aussi, à un personnage historique, de son vrai nom Bartolomeo Tito Alon. La trame est donc bien documentée. En est-il de même de la réalité matérielle décrite par Hugo Pratt ?

La planche de la page 55 campe un lansquenet, mais accumule les anachronismes et les inexactitudes. Le costume lui même, pour commencer, ne correspond guère à la mode des années 1520. Certes, les manches et le haut de chausses sont à crevés, mais les rubans qui ferment ce dernier au dessus des mollets s’apparentent plus à la mode du XVIIe siècle. La braguette protubérante, caractéristique du lansquenet (caste de mercenaires de la Renaissance), a par ailleurs été bannie. Le feutre emplumé, enfin, renvoie dans sa forme plutôt lui aussi au XVIIe siècle. Il en va de même du mousquet et de sa fourche qui trouveraient plus leur place sous le règne de Louis XIII, à l’instar des apôtres (les charges de poudre)  qui ceignent la taille du soldat. Seule l’épée à deux mains qui identifie, avec sa garde en « pas d’âne », le double-solde (le soldat payé deux fois en raison de la dangerosité de sa tâche) correspond à la période. Elle disparaît en effet des champs de bataille après 1530.

 

 

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La vignette de la page 42 montre un canon non moins anachronique. Il s’agit en effet d’une bombarde sur affût à quatre roues à la typologie improbable. Les trous qui entourent le sommet de la volée, par exemple, devraient en fait plutôt se trouver autour de la culasse et serviraient alors à désolidariser les deux pièces par un pas de vis grâce à des leviers. Une telle arme, destinée à envoyer des boulets de pierre, était plutôt en usage au XVe siècle, et elle se trouve représentée par Léonard de Vinci ou Francesco di Giorgio. De plus, à la page suivante, le canon semble envoyer un projectile explosif, ce qui n’est pas possible alors. En 1529, en vérité, les pièces d’artillerie ont largement évolué par rapport au Quattrocento. Les calibres des boulets de fer, largement plus petits, donnent aux  canons et couleuvrines des silhouettes plus élancées.

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Les technique d’assemblage des pièces d’artillerie dessinées par Léonard de Vinci.

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Les technique d’assemblage des pièces d’artillerie dessinées par Léonard de Vinci reconstituées en 3D pour le Musée Vinci.

Une vignette de la page 86, enfin, montre un personnage casqué du camp impérial chargeant, en cuirasse, un pistolet à rouet à la main.  Sa typologie appartient cette fois aux années 1550. La technologie de haute précision qui rend possible la disparition de la platine à mèche en fait d’ailleurs plutôt une arme de cavalerie. Les hauts de chausses portés à mi-cuisse relèvent du dernier quart du XVIe siècle. Quant aux soldats qui accompagnent l’officier à la cape, ils portent encore une fois des mousquets à fourches bien plus tardifs.

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Il est dommage que Pratt, d’ordinaire si attentif aux détails historiques (comme il l’est quand il représente le camp des impériaux devant Florence p.82, en s’inspirant d’une fresque du Palazzo Vecchio), n’ai pas eu sous la main la documentation idoine comme  par exemple l’ouvrage de Fred et Liliane Funcken sur le siècle de la Renaissance qui paraitra quelques années plus tard.

Siége de Florence Camp du prince d'Orange par Vasari. Palazzo Vecchio, Florence

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par Pascal Brioist, professeur d’histoire de la Renaissance à l’université François Rabelais de Tours.

Né en 1962, professeur des universités en histoire et membre du CESR depuis 1994. Spécialiste d’histoire culturelle : ses travaux concernent actuellement surtout le domaine de l’histoire des sciences et des techniques. Coauteur en 2002, avec Hervé Drévillon et Pierre Serna, de Croiser le Fer, violence et culture de l’épée dans le France moderne, Champs Vallon. Il a publié en 2012 Léonard de Vinci, homme de guerre, Alma éditions. Il conduit des recherches sur les pratiques scientifiques et techniques liées à la guerre durant Renaissance.

Fanfulla, Hugo Pratt & Mino Minali, Rue de Sèvres, 2013.

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Sep 30, 2015
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L’emblème de Hydra : une pieuvre dont les tentacules peuvent étouffer le monde, la tête de mort qui rappelle le projet morbide de l’organisation et l’insigne SS. Copyright Marvel/PAnini

 

7 décembre 1941, le Japon attaque Pearl Harbor, les États Unis entrent militairement dans la Seconde Guerre mondiale. Mais à bien y regarder, ils ont commencé à combattre l’Allemagne nazie une année plus tôt. Décembre 1940, Captain America arrive sur le marché et sur le théâtre des opérations. Sa mission est clairement définie par ses créateurs : botter le cul aux dictateurs fascistes. Dans cette croisade, il va affronter une organisation créée par des nazis entre plus tarés que les nazis originaux : Hydra. Cette organisation perdure dans le temps, les scénaristes l’adaptant suivant les époques en lui laissant beaucoup de ses caractéristiques d’origine. C’est le cas entre 1965 et 1967 quand Nick Fury est chargé de son cas. (suite…)

Juin 03, 2015