histoire

Dominique Petitfaux est historien de la bande dessinée et plus particulièrement spécialiste de Hugo Pratt, au sujet duquel il a écrit deux livres d’entretiens, De l’autre côté de Corto (Casterman) et Le Désir d’être inutile (Robert Laffont). Nous revenons avec lui sur l’importance de l’Histoire dans l’œuvre du Maestro.
(suite…)

Sep 30, 2015

Cela n’aura échappé à personne : les éditions Casterman publient en cette fin du mois de septembre une nouvelle aventure de Corto Maltese, 20 ans après la disparition du maître de Venise. Si Cases d’Histoire cherche avant tout à évoquer l’actualité historique par le biais de la bande dessinée, il était, avouons-le, particulièrement tentant de prendre cet événement éditorial à contre-pied en nous penchant sur l’une des caractéristiques de l’œuvre d’Hugo Pratt : son ancrage plus ou moins direct dans l’Histoire.

Fils de militaire, engagé dans la police italienne en Abyssinie à l’âge de 13 ans, témoin de la débâcle de l’armée de Mussolini face aux maigres troupes britanniques en 1941, prisonnier de guerre, Hugo Pratt a été, dans son adolescence et en toute relativité, l’un des acteurs de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Cette jeunesse mouvementée explique sa profonde fascination pour la guerre, les uniformes et les armes. Une passion qui transparaît dans Les Scorpions du désert ou encore dans Ernie Pike, et qui va par la suite s’étendre à d’autres périodes et d’autres territoires. Ce sera notamment le cas du Nouveau Monde et de la lutte désespérée des Amérindiens contre les colonisateurs européens, thème qui donnera naissance à des titres comme Ticonderoga ou Fort Wheeling.

Mordu d’histoire, Hugo Pratt n’en a pour autant jamais fait véritablement son fonds de commerce. S’il a toujours effectué (ou chargé certains collaborateurs de le faire pour lui) des recherches documentaires minutieuses, l’Histoire ne devait servir que de décor, de prétexte, à un récit plus dense, plus complexe, et surtout profondément attaché à son caractère fictif. Son personnage le plus célèbre, Corto Maltese, est à ce titre particulièrement représentatif d’une technique d’écriture et de dessin qui en font l’un des héros de fiction les plus afférents au contexte historique qui l’entoure ; sans pour autant jamais en influer sur le cours.

Alors, si son œuvre est intimement liée à l’Histoire, Hugo Pratt est-il pour autant un historien fiable ? Difficile de répondre à cette question par la positive, dans la mesure où il n’a jamais souhaité devenir une référence en la matière, contrairement à certains de ses contemporains comme Jacques Martin. Par ailleurs, lorsque l’on prend pleinement conscience de la manière dont il a perpétuellement réinventé certains épisodes de sa propre vie, on est en droit de douter du caractère irréprochable de son approche. En revanche, ses récits inoubliables ont indubitablement inspiré des générations de lecteurs en les ouvrant vers de nouveaux horizons, y compris historiques.

sommaire

Sep 30, 2015

Napoléon et le Premier Empire dans les programmes officiels d’histoire

 

Origines de notre démocratie et de notre vie politique mouvementée, la Révolution et l’Empire sont inscrits aux programmes d’histoire des classes du primaire et du secondaire depuis les débuts de l’école républicaine, obligatoire, gratuite et laïque.

D’après les programmes officiels d’histoire, l’élève aborde la figure de Napoléon Ier et de son empire à trois moments de sa scolarité.

napoléon-de-heitz-détouré

Tout d’abord en cycle 3, CM 2, le programme indique que le professeur des écoles doit traiter au premier trimestre : Napoléon : la fin de la Révolution, une dictature en guerre contre l’Europe.

Tous les élèves croisent de nouveau le petit caporal en cycle 4, classe de quatrième dans le cours sur la Révolution et l’Empire. Celui-ci est divisé en trois thèmes :

  • Thème I : Les temps forts de la Révolution, les deux derniers temps forts concernent le natif d’Ajaccio, 1799 -1804, du consulat à l’Empire puis, 1804 -1815, Napoléon Ier, empereur des Français
  • Thème II : Les fondations d’une France nouvelle pendant la Révolution et l’Empire, avec l’étude des fondations politiques, économiques sociales et culturelles d’une France nouvelle, l’enseignant bâtit son cours sur une étude de cas, par exemple, la Révolution, l’Empire et les religions ou la Révolution, l’Empire et les guerres.
  • Thème III, la France et l’Europe en 1815, après le congrès de Vienne

A la fin de la classe de troisième, les adolescents qui poursuivent leurs études, fréquentent des lycées généraux, technologiques ou professionnels. Quelle que soit la filière choisie, ils sont de nouveau confrontés dans leurs cours d’histoire, en classe de Seconde, à cette période charnière, lors de laquelle les principes révolutionnaires s’affermissent. Les programmes du ministère précisent qu’il faut obligatoirement étudier la Révolution française comme affirmation d’un nouvel univers politique avec des grands axes problématiques comme la profondeur de la rupture révolutionnaire, ruptures politiques, sociales, économiques et culturelles qui deviennent irrémédiables quand Napoléon Bonaparte est au pouvoir.

Vers la deuxième partie du dossier

Juil 23, 2015